Des dizaines de rassemblements ont eu lieu à travers la France ce samedi, mobilisant des milliers de personnes contre la loi anti-contrainte agricole proposée par le sénateur Laurent Duplomb. Plus de 80 organisations, comprenant des militants écologistes, des agriculteurs et des citoyens engagés, se sont réunis pour exprimer leur opposition à cette législation, mais également à une proposition visant à réintroduire des pesticides désormais interdits.
Dans de nombreuses villes, comme Lille, où environ 300 personnes se sont rassemblées, et à Lyon, où 150 agriculteurs de la Confédération paysanne ont manifesté, les slogans résonnaient : « Duplomb, non c'est non » et « Plus de paysans, moins de pesticides ». De Boulogne-sur-Mer à Albi, ces mobilisations ont mis en lumière les inquiétudes liées à l'accumulation d'annonces législatives jugées nuisibles pour l'environnement et la santé publique.
Le collectif Nourrir, qui inclut des ONG comme Greenpeace et WWF, a dénoncé des projets législatifs qu'il considère comme des reculs majeurs en matière de politiques environnementales. Parmi ces projets se trouve la directive Omnibus, qui pourrait accorder une autorisation illimitée à plusieurs pesticides, ainsi qu'une révision de la directive nitrate, qui serait facilitée en raison des pressions exercées par des syndicats agricoles tels que la FNSEA.
Contre le vivant
Marie Bermyn, une manifestante de 46 ans venue de Lille, a déclaré à l'AFP : « Il est crucial de défendre un modèle agricole différent de celui promu par la FNSEA, combattu par ceux qui voient l'agriculture comme un enjeu de survie pour les paysans. » Des voix de médecins et de personnes touchées par le cancer étaient également présentes pour s'opposer à l'utilisation de pesticides de synthèse.
Les manifestations de ce week-end ont été précédées par une pétition recueillant plus de 2,1 millions de signatures, exigeant l'abrogation de la loi Duplomb. Ce texte, qui prévoit des mesures controversées telles que la facilitation du stockage d'eau et l'agrandissement des bâtiments d'élevage, subit une forte opposition de la part des partis de gauche et des ONG.
Le Conseil constitutionnel a déjà censure un des articles les plus contestés de la loi, celui relatif à la réautorisation de l'acétamipride, un insecticide dangereux pour les abeilles. Alors que ses partisans, dont la FNSEA, soutiennent que cela est essentiel pour la protection des cultures, les opposants affirment que ces mesures sont en contradiction avec la nécessité de préserver notre environnement et notre santé.
Un grand rassemblement est prévu à Paris mercredi, le jour d'un débat crucial à l'Assemblée nationale sur cette loi. Les mobilisations de ce week-end témoignent d'un mouvement croissant contre la réintroduction de substances nocives qui pourraient menacer l'avenir de l'agriculture durable en France.







