Marseille (France) – En raison de leur maladie, Côme, Matilda, Keyssa et Matteo ont laissé les bancs de l'école pour se retrouver au Château Sourire, une bastide nichée sur les hauteurs de la ville, où activités sportives et amitiés prennent le pas sur les traitements hospitaliers.
Dans cette salle de sport récemment rénovée, Léa Pénichon, éducatrice en activité physique adaptée (APA), incite ces jeunes à se dépenser au maximum. "Ces enfants, qui passent beaucoup de temps dans les hôpitaux, ont besoin de renforcer leurs muscles, notamment ceux des jambes," explique-t-elle. Elle souligne l'importance de leur offrir une alternative aux jeux des cours d'école qu'ils ne peuvent plus pratiquer à cause de leur état.
Depuis son ouverture en septembre, le Château Sourire, propriété de la famille Ricard et géré par l'association "Sourire à la vie", accueille à titre gracieux jusqu'à 25 enfants par nuit et 100 par jour, leur offrant ainsi des moments de répit.
Ce lieu est unique en France et constitue un complément essentiel aux soins hospitaliers pour les jeunes patients. "Nous avons compris l'intérêt de débuter l'activité physique dès le diagnostic, que ce soit dans leur chambre d'hôpital ou dans des infrastructures adaptées," affirme le professeur Hervé Chambost de l'hôpital La Timone, insistant sur le fait que cela aide à réduire les effets secondaires des traitements à long terme.
Un esprit de camaraderie
Après une heure d'exercices en plein air, Côme et Matteo se considèrent déjà comme les meilleurs amis du monde, tandis que Matilda, âgée de 9 ans, prend Keyssa, 8 ans, dans ses bras, partageant un moment de complicité.
"Ici, je rencontre d'autres enfants comme moi, et ça me rassure, je sais que je ne suis pas seule dans ce combat," confie Matilda, qui suit un traitement contre la leucémie depuis six mois. Keyssa, quant à elle, avoue s’ennuyer chez elle, préférant le contact avec ses camarades qu'elle retrouve au Château Sourire.
Pour les familles, ces moments de répit sont précieux. Diego Revinski, le père de Matilda, observe sa fille jouer dans le parc verdoyant : "Ces instants nous redonnent espoir et joie de vivre."

Le chemin a été long pour la famille Revinski depuis l'annonce du diagnostic. Diego se rappelle l'émotion de ce moment tragique, un tournant vers un parcours semé d'embûches. "Dès notre arrivée à l'hôpital, l'association a proposé d'organiser des activités même dans les situations les plus difficiles, carellant le moral de ma fille," raconte-t-il, ému.
Vivre pleinement leur jeunesse
Le Château Sourire est perçu par les familles comme une prolongation de l'hôpital. "Cela leur permet de se détacher de l'environnement hospitalier, souvent chargé d'anxiété," souligne Sylvie Gentet, co-fondatrice de l'association. "La transition vers un cadre moins clinique change la perception des soins chez les enfants."
Des projets ambitieux sont également proposés, tels que des spectacles de stand-up ou des expéditions en Norvège. Ces initiatives sont conçues pour donner aux jeunes un but, au-delà de leur lutte contre la maladie, renforçant leur confiance en eux durant des moments de grande vulnérabilité.
Pour financer ses activités et ses interventions, l'association a reçu des soutiens considérables, comme les 685.000 euros collectés lors du défi Zevent. Avec des antennes dans des villes comme Nice et Montpellier, "Sourire à la vie" continue son précieux travail, soutenant chaque année environ 2.300 enfants et adolescents diagnostiqués avec un cancer en France.
© 2026 AFP







