Le Kosovo a tourné la page d'une année de stagnation politique avec la réélection d'Albin Kurti en tant que premier ministre, confirmée par le Parlement le 11 février. Le dirigeant de Vetëvendosje, qui a remporté les élections anticipées de décembre, s'attaque désormais à une série de réformes économiques critiques et vise à renforcer les investissements dans la défense.
Après un premier scrutin en février 2025, où il n'avait pas réussi à établir une majorité, Kurti a dirigé un gouvernement technique pendant un an. Les élections anticipées du 28 décembre dernier ont placé son parti à la tête, avec 51,1 % des voix, lui permettant d'obtenir 57 sièges au Parlement.
La présidente de l'Assemblée, Albulena Haxhiu, a souligné l'importance de cette élection en déclarant : « L’Assemblée a élu le gouvernement de la République du Kosovo », reflet d'une large approbation parmi les 120 députés. Kurti, 50 ans, a indiqué vouloir rapidement faire adopter des prêts internationaux cruciaux, particulièrement ceux en provenance de Bruxelles, nécessitant une majorité des deux tiers.
Reconnu pour sa politique socialement orientée et nationaliste, il a su s'assurer le soutien des représentants des minorités, consolidant ainsi sa position. « L’intention est de relancer l’économie et d’augmenter les investissements dans la défense », a-t-il affirmé, tout en critiquant la Serbie pour son manque de reconnaissance vis-à-vis de l’indépendance du Kosovo proclamée en 2008.
Relancer le dialogue avec la Serbie
Kurti a évoqué le besoin de « normaliser les relations » avec Belgrade, en déclarant : « La normalisation consiste à réglementer les relations entre deux États ». Malgré les tensions persistantes depuis la guerre des années 90, de tels efforts sont jugés cruciaux pour l’intégration européenne du Kosovo.
Les résultats des élections de décembre ont été validés par la Commission électorale, bien que des irrégularités aient initialement nécessité un recomptage. Une enquête a été ouverte, aboutissant à l’arrestation de plus d’une centaine de membres du personnel électoral pour diverses infractions, signalant des enjeux importants dans le processus démocratique du pays.
Cette nouvelle ère pour le Kosovo, sous la direction de Kurti, pourrait ouvrir la voie à une gouvernance plus stable et à des avancées diplomatiques avec la Serbie, alors que la population attend des changements concrets et des progrès dans la construction d'un avenir serein.







