Dans le cadre d'un partenariat renforcé entre les forces de l'ordre et l'Éducation nationale, des opérations de contrôle de sacs sont intensifiées dans l'Aude. Ces mesures de sécurité sont perçues comme positives tant par les enseignants que par les élèves interrogés sur place.
Récemment, un incident tragique au Var, où une professeure d'arts plastiques a été poignardée par un élève de 14 ans, a suscité des inquiétudes croissantes face à la montée des violences dans les établissements scolaires. Pour contrer ce phénomène, des opérations de contrôle des sacs sont mises en place sur l'ensemble du territoire français, et l'Aude n'est pas en reste.
Ce matin du 11 février 2026, les collèges de Varsovie et du Bastion à Carcassonne ont été ciblés. Dès 7h30, une vingtaine de policiers ont procédé à des contrôles de sacs, sous l'observation attentive du préfet de l'Aude, Alain Bucquet. "Ces interventions sont régulières et parfois imprévues. Nos agents sont formés pour accomplir ces fouilles avec discernement, en étroite collaboration avec l'Éducation nationale et les services de police", a-t-il expliqué.
4 armes retrouvées dans des cartables en 2025
Au total, 480 élèves ont été contrôlés ce jour-là. À l'exception d'un couteau trouvé pour des raisons pédagogiques, aucun objet prohibé n'a été signalé. Ces opérations, qui ont pour objectif de prévenir les actes violents et de rassurer les enseignants ainsi que les parents, sont saluées par les responsables des établissements. "Nous inculquons à nos élèves une culture de la sécurité sans créer de tension", souligne Benoît Milliery, principal du collège Varsovie.
En 2025, près de 215 opérations de contrôle ont été réalisées aux abords de 78 établissements secondaires dans l'Aude. Sur 3 657 élèves fouillés, 4 armes ont été saisies, entraînant des mesures disciplinaires pour leurs propriétaires. "Nous avons une tolérance zero. L'espace scolaire doit rester dédié à l'enseignement", affirme Laurent Sindic, directeur départemental de la sécurité publique.
Contrôles des chauffeurs de bus aux stupéfiants et à l’alcoolémie
Les élèves sont devenus plus conscients des procédures d'intervention : "On sait que lorsque la police est présente dans les environs, un contrôle est probable le lendemain. Quelqu'un qui veut vraiment cacher quelque chose peut y parvenir". D'autres, comme Ambre, une élève de 6e, trouvent ces mesures rassurantes : "Nous nous sentons en sécurité, et c'est important sachant que des jeunes apportent des couteaux à l'école". De plus, 16 chauffeurs de bus ont également été contrôlés : tous les tests se sont révélés négatifs.
Depuis mars 2025, 525 couteaux ont été saisis dans tout le pays, entraînant 1 686 conseils de discipline pour possession d'armes scolaires, selon le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray. Selon la sociologue Johanna Dagorn, chercheuse à l'Observatoire International de la violence, "lorsque le climat scolaire est bon, les violences diminuent". Elle appelle à revaloriser le dialogue entre élèves, éducateurs et familles, en plaçant la santé mentale au cœur des priorités : "Si nous aidons le jeune en difficulté, nous évitons le problème du jeune perçu comme dangereux".







