20 Minutes avec AFP
Ce lundi, l'Assemblée nationale française a voté à l'unanimité sur une loi tant attendue pour faciliter le retour des trésors culturels d'Afrique et des œuvres d'art coloniales, promis par Emmanuel Macron lors de son discours à Ouagadougou en 2017. Ce projet de loi, adopté par 170 voix, doit encore obtenir l'accord du Sénat avant son adoption finale. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a affirmé que cette législation n'est pas seulement un texte juridique, mais une démarche pour "ouvrir une nouvelle page de notre histoire".
Des conditions de conservation
Les députés ont ajouté un amendement exigeant que les États bénéficiaires s'engagent à respecter des standards internationaux pour la conservation des œuvres restituées, garantissant leur accessibilité au public. Toutefois, cette condition a suscité des craintes auprès de la ministre qui avertit que cela pourrait "atteindre la souveraineté" des États concernés et nuire à la portée symbolique de la restitution.
La question des restitutions est complexe et a généralement rencontré la résistance des grands musées occidentaux. Depuis le début des années 2010, cette problématique a pris de l'ampleur, avec des promesses politiques, notamment celle d'Emmanuel Macron, de réexaminer le sujet.
La France, pionnière en Europe
Malgré la lenteur du processus, la France a effectué des retours symboliques, tels que les 26 trésors d’Abomey au Bénin restitués en 2020. Cependant, il faudra attendre début 2026 pour voir le retour d'autres œuvres, comme le "Djidji Ayokwe" de Côte d'Ivoire, confisqué depuis 1916.
Des restrictions débattues
Le texte de loi se concentre sur les biens acquis entre 1815 et 1972, période qui ne couvre pas toutes les demandes de restitution. Les groupes de gauche ont plaidé pour une extension du champ d'application, en citant le Codex Borbonicus, un trésor détenu par le Palais Bourbon et réclamé par le Mexique. De plus, un autre amendement visant à exclure les biens militaires, comme le canon Baba Merzoug réclamé par l’Algérie, n'a pas été retenu.
À ce jour, le ministère estime qu'une dizaine de demandes de restitution ont été formulées, mais avec l'adoption de cette loi, un afflux de nouvelles demandes pourrait survenir. La route vers la restitution s'annonce donc très prometteuse.







