"Tous les jours, on vient travailler la boule au ventre", confie un agent du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, sous couvert d'anonymat, à ICI Armorique. Aux côtés d'une trentaine de collègues, pour la plupart membres de l'UFAP-UNSA Justice, il a bloqué l'entrée de l'établissement le 13 avril dernier, afin de dénoncer les conditions de travail et de détention qui y prévalent.
Actuellement, près de 1.000 détenus se trouvent dans un établissement conçu pour 690 personnes. Plusieurs d'entre eux dorment sur des matelas au sol, tandis que les cellules, d'une superficie de neuf mètres carrés, abritent jusqu'à trois personnes simultanément. Cette surpopulation engendre des tensions croissantes entre les détenus et le personnel. "Ici, un détenu peut agresser quelqu'un du jour au lendemain", s'inquiète un surveillant, qui travaille à Rennes-Vezin depuis 2021. "Il a eu des cas où des agents ont été blessés, et la direction est restée inactive face à ces incidents. L'agresseur est toujours là, libre de recommencer".
En outre, l'UFAP-UNSA souligne que 40 % des détenus présentent des troubles psychiatriques, un constat alarmant selon le syndicat, qui dénonce également le manque de moyens pour leur prise en charge. "Pour accompagner les détenus à l’hôpital, il faut mobiliser trois surveillants, ce qui réduit considérablement notre capacité à assurer la sécurité interne", explique un surveillant de nuit.
Erwan Rouxel, brigadier chef et représentant syndical, réclame un renforcement des équipes. "La semaine dernière, dans certaines journées, il n'y avait qu'une stagiaire et un seul officier sur plusieurs secteurs, ce qui est dangereux", insiste-t-il. Avec seulement 300 agents en service à Vezin, l’UFAP estime qu'il en faudrait 63 de plus pour garantir une prise en charge adéquate des détenus et un environnement de travail sécurisé pour le personnel.







