Greenpeace a lancé une alerte ce mardi 14 avril 2026 au sujet du sarcophage de la centrale nucléaire de Tchernobyl, situé en Ukraine. L’ONG évoque un risque accru de rejets de radioactivité causé par un "effondrement incontrôlé" de l'enceinte interne, gravement touchée par des frappes russes en 2025. Malgré quelques réparations, la structure de confinement ne remplit plus sa fonction de protection de manière adéquate.
Ce sarcophage, une enveloppe en acier et en béton, avait été érigé en toute hâte après le désastre de 1986 afin de limiter les émanations radioactives. Parallèlement, une structure extérieure, la nouvelle enceinte de confinement, a été installée pour renforcer la protection. En février 2025, cette enceinte a subi des dommages en raison d'une attaque par drone russe, une situation que l’Ukraine dénonce constamment depuis le début de l'invasion en 2022.
"Cela accroît le risque de rejets de radioactivité"
Dans son rapport, Greenpeace souligne qu’en dépit des efforts de réparation, la nouvelle enceinte de confinement n’a pas réussi à restaurer complètement son efficacité. Cette menace de libération radioactive est d’autant plus alarmante que l’ONG précise que plus de quatre tonnes de poussière hautement radioactive se trouvent à l’intérieur du sarcophage. Shaun Burnie, expert en matière nucléaire pour Greenpeace Ukraine, affirme : "Il existe un réel risque de rejets radioactifs, surtout en cas d’effondrement de l’enveloppe interne".
Burnie insiste également sur le fait que "la nouvelle enceinte de confinement est actuellement dans l'incapacité de fonctionner comme prévu", ce qui accentue encore plus la vulnérabilité du site.
Les experts recommandent une déconstruction des éléments instables de l’enceinte interne pour éviter un effondrement potentiel. Toutefois, la guerre en cours complique ces travaux, avec des missiles russes qui continuent de tomber à proximité de Tchernobyl. Burnie mentionne : "Des frappes de missiles russes sont constamment réalisées au-dessus du site, ce qui rend la situation encore plus précaire".
Une situation très "dangereuse" selon les autorités
"Quarante-six ans après l’accident de Tchernobyl, la Russie continues d’exercer une véritable guerre nucléaire sur l’Ukraine et l’Europe", met en garde Shaun Burnie. Sergiy Tarakanov, directeur de la centrale, abonde dans ce sens, qualifiant la situation de "très dangereuse". Il explique : "Si une roquette touchait l’enceinte de confinement, même à 200 mètres de distance, l’impact pourrait être aussi dévastateur qu’un séisme".
Enfin, le coût des réparations de l’arche du sarcophage, endommagée par le drone russe, pourrait atteindre environ 500 millions d’euros, comme l’a indiqué en mars dernier Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères.







