Lors du Forum économique mondial qui s'est tenu à Davos, le Premier ministre canadien Mark Carney a lancé un message fort et clair, sans jamais mentionner Donald Trump, en appelant les États à s'unir face aux menaces des grandes puissances. Les analyses provenant d'experts et de médias nord-américains soulignent un tournant audacieux de la part d'Ottawa.
"Jamais un Premier ministre canadien n’avait précédemment formulé des critiques aussi explicites," rapporte La Presse. Carney a profité de cette tribune pour exprimer son inquiétude face à ce qu'il désigne comme "la fin du système international basé sur les règles". Il met en avant les dangers que représentent les grandes puissances qui exploitent l’intégration économique comme moyen de pression, et rappelle : "Si vous n'êtes pas à la table, vous êtes au menu."
"Carney annonce-t-il un tournant décisif pour la politique étrangère du Canada ?" questionne CBC. Derek Burney, ancien ambassadeur canadien aux États-Unis, affirme que le Premier ministre a proposé "une stratégie claire pour éviter que le Canada ne devienne totalement soumis aux caprices d’une superpuissance".
Carney, en déclarant que le monde traverse "une période de rupture, et non de transition", a esquissé une vision d'avenir, selon The Brandon Sun. Son discours a été perçu à Davos comme "un cri du cœur dans une époque chaotique", comme l’a noté Toronto Star.
Selon The Globe and Mail, son discours avertit que "les loups sont à nos portes", faisant référence à Trump comme la menace principale. National Post souligne que "Carney risque de s'attirer les foudres de Washington".
Une erreur
Du côté américain, le ton est tout aussi critique. The New York Times souligne que Carney "cherche de nouveaux alliés pour permettre à son pays de naviguer" à travers la fin de l'hégémonie américaine. Le rapprochement entre Ottawa et Pékin est scruté avec précaution, The Washington Post avertissant que "le Canada pourrait regretter de s’être rapproché de la Chine pour défier Trump."
"La ligne entre pragmatisme et naïveté est fine, et Carney risque de brouiller cette distinction."
Dans un entretien avec La Presse, John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, a qualifié d’"erreur" l'affirmation de Carney concernant les règles internationales, avertissant que "les relations canado-américaines pourraient pâtir de cette déclaration".
Enfin, The Wall Street Journal rapporte que Trump a réagi, affirmant que Carney n’était pas reconnaissant et rappelant que "le Canada prospère grâce aux États-Unis". Trump, sous-entendant avec provocations, a même suggéré que le Canada pourrait devenir le 51e État américain.







