Dans un acte de réponse face à la montée inquiétante de la violence au Guatemala, le Congrès du pays a approuvé lundi un état de siège de 30 jours, décrété par le président Bernardo Arevalo. Cette décision fait suite à l'assassinat choquant de neuf policiers, dont l'un a succombé à ses blessures. Ces actes de violence, qui semblent être des représailles aux récentes opérations des autorités dans trois prisons où des chefs de gangs retenaient des otages, soulèvent de vives inquiétudes au sein de la population.
Lors d'une cérémonie émouvante, le président Arevalo a assisté aux funérailles de sept des policiers tués, lesquels ont été honorés drapés dans le drapeau national. Le président a exprimé son indignation en déclarant : "Nous ne ménagerons aucun effort pour faire payer ceux qui sont responsables de cette tragédie." Dans ce contexte, le drapeau guatémaltèque est en berne sur tous les bâtiments publics, et un deuil national de trois jours a été décrété, marquant une période de réflexion et d'unité face à l'adversité.
Les nouvelles mesures autorisent des arrestations et interrogatoires sans mandat, tout en suspendant certains droits civiques comme la liberté de réunion. La situation dans le pays est préoccupante ; une étudiante de 26 ans, Alondra Flores, a partagé son inquiétude : "On ne peut pas sortir sereinement sans craindre pour sa vie." Certains habitants, comme un homme octogénaire rencontré dans le centre historique, plaident pour des mesures encore plus sévères, proposant un retour à des politiques résolues contre la criminalité.
Les mutineries dans les prisons ont été orchestrées par des membres du gang Barrio 18, qui ont visiblement tenté d'influencer le transfert d'un de leurs leaders vers une prison moins sécurisée. Aldo Dupie, alias "El Lobo", a été aperçu en pleine mutinerie, entouré d'agents armés. Ce climat de peur et d'insécurité rappelle la situation au Salvador, où le président Nayib Bukele a mis en œuvre des politiques controversées entraînant une forte diminution des homicides, tout en suscitant des accusations d'atteintes aux droits de l'homme.
Alors que le Guatemala lutte contre des gangs comme le Barrio 18 et la Mara Salvatrucha (MS-13), Washington a désigné ces groupes comme des organisations terroristes, soulignant ainsi la gravité de la situation. Les autorités guatémaltèques doivent trouver un équilibre délicat entre la sécurité publique et la protection des droits civiques pour sortir de cette crise profonde.







