Chaque jour, à Rennes, les abords du chantier de la dalle Vilaine voient un groupe de retraités observer avec attention les travaux en cours. Mac Lesgy, un des fervents admirateurs, a 72 ans et s'illustre parmi les "umarells", ce terme italien désignant des passionnés de chantiers. "C’est fascinant de voir ces machines à l’œuvre. On s’émerveille devant la puissance du matériel utilisé", raconte-t-il, smartphone en main pour immortaliser ces instants.
La renommée des umarells s'étend bien au-delà de la seule ville de Rennes. Initiée par l’auteur italien Danilo Masotti, cette tendance a pris de l’ampleur dans différentes régions de France. La présence des retraités sur les chantiers témoigne d’un besoin de connexion avec une époque révolue, où l’ingénierie et l’architecture scintillaient d’enthousiasme.
Les psychologues notent qu’observer ainsi les chantiers peut servir de thérapie. "Le fait de s’intéresser à des projets en cours renforce le sentiment d’appartenance à une communauté", explique Dr. Sophie Lambert, spécialiste en psychologie sociale. Les umarells partagent souvent leurs impressions avec les ouvriers, devenant ainsi des acteurs à part entière de ce qui pourrait être perçu comme un simple spectacle.
Les travaux de la dalle Vilaine, notamment, suscitent des interrogations sur l’avenir de l’urbanisme à Rennes. "C'est un projet ambitieux et nécessaire pour améliorer nos infrastructures", commente Marc Danjou, urbaniste de la ville, en saluant l’intérêt des citoyens.
Alors, simples curieux ou véritables passionnés d’ingénierie ? Avec leurs regards attentifs et leurs discussions animées, les umarells rennais incarnent un phénomène qui transforme la perception des chantiers. Un lien intergénérationnel se tisse, rendant hommage à l’histoire locale tout en scrutant l’avenir.







