En plein cœur de Kaboul, un attentat a secoué un restaurant chinois, faisant au moins sept victimes, selon les autorités locales. Ce drame, survenu le 19 janvier, a été revendiqué par le groupe État islamique (EI), qui a déclaré avoir ciblé les ressortissants chinois en raison des actes qu'il qualifie d'oppression envers les Ouïghours par le gouvernement chinois.
Des sources policières rapportent une forte explosion qui s'est produite près de la cuisine de l’établissement, un point de rencontre populaire parmi les clients chinois. Les témoins oculaires, dont un fleuriste de la rue, se sont exprimés sur l'ampleur de l'explosion, décrivant des scènes de chaos et de panique au moment de l'attaque.
Le porte-parole de la police de Kaboul, Khalid Zadran, a précisé que parmi les morts figuraient un citoyen chinois ainsi que plusieurs Afghans. L'ONG Emergency a révélé qu'elle avait traité plusieurs blessés, dont des femmes et un enfant, dans son hôpital à proximité, accentuant la tragédie de cet événement
Selon des experts, cette attaque résultant de l'escalade des tensions dans la région interpelle notamment sur la sécurité des investisseurs étrangers, en particulier dans un contexte où les Taliban cherchent à attirer des capitaux pour reconstruire le pays. Les investisseurs chinois, attirés par les ressources naturelles de l’Afghanistan, sont de plus en plus présents. En effet, l’an dernier, l’EI avait déjà frappé un hôtel fréquenté par des Chinois à Kaboul, illustrant une tendance inquiétante de ciblage des ressortissants chinois dans la région.
La proximité de la Chine avec le régime taliban complique encore la situation. Comme le note l’analyste politique Marie Lemaire dans *Le Monde*, la présence d’homme d’affaires chinois en Afghanistan pourrait rendre la Chine vulnérable aux attaques de groupes terroristes cherchant à envoyer un message fort.
À la suite de l’explosion, le quartier a été temporairement fermé aux véhicules et les autorités afghanes ont promis des efforts accrus pour restaurer la sécurité. Cependant, la crainte persistante d'autres attaques pourrait rendre les familles réticentes à se rassembler dans des lieux publics. Les réactions des responsables tels que le ministre de l'Intérieur, Sirajuddin Haqqani, restent à être entendues.
Alors que les forces de sécurité tentent de retrouver un semblant de normalité, la communauté internationale observe avec une attention croissante l’évolution de la situation en Afghanistan, où la sécurité demeure un enjeu majeur.







