La situation actuelle des forces de police en France est alarmante. Entre 650 000 et 1 million de plaintes sont classées sans suite chaque année, souvent en raison d'un manque de ressources. Bruno Bartocetti, secrétaire national du syndicat Unité, met en lumière cette problématique urgentissime en détaillant l'impact direct sur les victimes.
Pour de nombreux policiers, l’incapacité à traiter ces plaintes pèse lourdement sur le moral. "Notre mission est de protéger les citoyens et d’interpeller les suspects, mais la bureaucratie entrave notre efficacité", déplore Bartocetti. La frustration est palpable lorsque ces agents voient des affaires telles que des cambriolages ou des menaces quotidiennes laissées sans réponse, exacerbant le sentiment d’insécurité dans la population.
Les causes de cette situation sont multiples. D'une part, le volume élevé des dossiers à traiter surpasse les capacités humaines, et de l'autre, la police est frappée par une crise de vocations. En effet, des policiers font face à des conditions de travail de plus en plus difficiles, notamment en raison de tâches administratives lourdes. Franceinfo souligne que ces tâches peuvent représenter jusqu'à 20 % de leur temps, un fardeau qui réduit leur capacité à mener des enquêtes efficaces.
Un autre point crucial est l'utilisation de logiciels souvent inadaptés pour le traitement des plaintes. "Le système LRP-PN, conçu initialement pour des statistiques, s'avère inadapté pour la gestion des procédures", explique un enquêteur. Les policiers se plaignent que ces outils rendent leurs missions encore plus complexes, rendant le processus de rédaction de rapports laborieux.
Avec l'essor des démarches en ligne, le flux de plaintes a augmenté, compliquant encore la hiérarchisation des affaires. Les policiers doivent constamment faire face à des urgences, et cela pose la question de la prise en charge des victimes vulnérables. "Nous sommes souvent contraints de prioriser certaines affaires au détriment d'autres qui mériteraient également notre attention", souligne un représentant des forces de l’ordre.
L’équilibre entre l’urgence opérationnelle et le besoin de répondre à chaque citoyen est un défi de taille. Des voix s'élèvent pour demander des réformes, des moyens supplémentaires et des outils adaptés pour garantir que la justice soit rendue. Comme le rappelle Bartocetti, "il est impératif de repenser notre système si nous voulons réellement protéger nos concitoyens et leur rendre service". Il est donc essentiel d’agir rapidement pour éviter que les plaintes ne deviennent des pleurs dans le vide.







