Ce mercredi 28 janvier, la situation a pris une ampleur significative alors que la nouvelle sur un contrat signé en décembre entre une des filiales américaines de Capgemini et l'ICE a provoqué une vague d'indignation. Dougados a abordé le sujet dans une communication interne, en soulignant que des informations récentes avaient suscité des interrogations légitimes au sein des salariés.
Selon lui, "ces derniers jours, certaines informations relatives aux activités de Capgemini Government Solutions (CGS) aux États-Unis ont été largement relayées. Dans un contexte où ce sujet peut légitimement susciter de nombreuses questions, nous souhaitons partager les éléments factuels disponibles et vous apporter la visibilité nécessaire".
Mathieu Dougados affirme que la direction n'a pris connaissance que "récemment" de la nature de ce contrat, ajoutant que son contenu soulevait des doutes quant aux activités habituelles du groupe.
Il a rappelé que CGS, qui fonctionne sous un cadre réglementaire strict, ne peut pas accéder à certaines informations spécifiques liées aux opérations américaines en raison des lois en vigueur. Ce cadre, visant à protéger la sécurité nationale, limite sévèrement les informations que Capgemini peut recevoir.
"À ce stade, ce contrat n’est pas en cours d’exécution car il fait l’objet d’un recours", a-t-il clarifié, insistant sur le fait que la gouvernance spécifique de CGS implique un contrôle rigoureux sur les décisions contractuelles.
L'impact politique de cette affaire
La réaction politique n’a pas tardé. Roland Lescure, ministre de l'Économie, a interpelé Capgemini en lui demandant plus de transparence concernant le dispositif d'identification fourni à l'ICE. Il a déclaré vouloir que le groupe éclaire les zones d'ombre entourant ses activités avec cette entité controversée.
"J'engage Capgemini à clarifier de manière exhaustive et transparente ses activités", a affirmé Lescure, appelant à un examen attentif du cadre de ce contrat.
Des informations provenant de l'Observatoire des multinationales indiquent que Capgemini aurait fourni à l'ICE un outil d'identification et de localisation des personnes étrangères, ce qui a exacerbé les critiques et l'inquiétude au sein du public et des politiciens. Aiman Ezzat, directeur général de Capgemini, a également expliqué que toute décision prise par la filiale américaine est autonome et que les connexions avec le siège en France sont limitées par la législation.
Dans ce climat tendu, les députés de La France insoumise ont décidé de déposer une résolution appelant à dénoncer les actions de l'ICE, mettant en avant des violations présumées des droits humains. La situation semble évoluer rapidement, laissant entrevoir des conséquences potentielles pour Capgemini, qui doit désormais naviguer entre les attentes de ses employés et celles de l'opinion publique.







