Lancée en 2020 avec le soutien du ministère des Solidarités et de la Santé, la ligne STOP, dédiée à la prévention des passages à l'acte, a été étendue à l'ensemble du territoire français en 2021. En à peine quatre ans, le dispositif a enregistré 4.577 appels, un chiffre qui a triplé depuis son lancement, comme l'a révélé la Fédération française des Centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS) ce mercredi.
"Vous ressentez une attirance pour les enfants ? Contactez-nous au 0 806 23 10 63". Ce slogan, bien qu'intrusif, cherche à mettre en lumière un problème de société : la pédocriminalité. La ligne STOP est destinée à ceux qui souhaitent prévenir des comportements illégaux et encourager le dialogue.
Pour l'année 2025, parmi les 4.577 appels, 447 ont duré plus de cinq minutes. Selon la FFCRIAVS, 84 % des appelants exprimaient des inquiétudes pour eux-mêmes, tandis que 16 % agissaient par rapport à des proches. De manière inquiétante, 90 % des appelants identifiés comme attirés sexuellement par des mineurs étaient des hommes, avec un âge moyen estimé à 37,4 ans.
Sarah El Haïry, Haute commissaire à l'Enfance, a partagé : "Bien que toutes les personnes attirées ne commettront pas d'acte, il existe un risque tangible. Ces individus ont besoin d'un accompagnement pour garantir la sécurité de nos enfants". Elle a également insisté sur l'importance d'une vigilance collective face à ces problèmes.
Une orientation proposée à l'issue de l'échange
Le dispositif STOP, soutenu par les CRIAVS, regroupe des professionnels spécialisés : psychologues, sociologues et infirmiers, qui offrent écoute et conseils. "La démarche est complexe, souvent entachée de tabou et de culpabilité, ce qui peut entraîner une souffrance immense", a témoigné Mathieu Lacambre, ancien président de la Fédération française des CRIAVS. Les équipes qualifiées sont disponibles pour orienter les appelants vers des solutions thérapeutiques adaptées.
En effet, Mathieu Lacambre a précisé : "La pédophilie est classée comme un trouble psychiatrique qui peut être soigné. En fonction du type, nous pouvons recommander des thérapies cognitivo-comportementales afin de modifier les schémas de pensées, ou même prescrire des traitements pharmacologiques si les comportements sont trop envahissants." L'approche médicale pourrait inclure des antidépresseurs ou des inhibiteurs de la libido, selon les cas.
Un consommateur sur deux de contenus pédopornographiques passe à l'acte
Des études mentionnent qu'entre 4 et 13 % de la population mondiale ressent une attirance pour les mineurs. Si cette attirance ne se traduit pas nécessairement par des actes, il est alarmant de constater qu'un consommateur de contenus pédopornographiques sur deux a été impliqué dans des agressions physiques sur des enfants. Face à cela, la FFCRIAVS appelle à une coordination au niveau européen pour mieux traiter ce fléau.
"Prévenir, c'est protéger", martèle Mathieu Lacambre, soulignant que le respect de la confidentialité est primordial, bien que les équipes interrompent cette confidentialité si un enfant se trouve en danger. Pour mémoire, 160.000 enfants subissent des actes pédocriminels chaque année en France.







