La cour d'appel de Rennes a ordonné la libération d'un trafiquant de drogue à Nantes, pointant du doigt un « détournement de procédure » opéré par le parquet de Nantes.
Ce rebondissement juridique a eu lieu le 27 janvier, alors que Hakim K., identifié comme le « gérant » d'un point de deal au cœur du quartier Malakoff, a retrouvé la liberté après avoir été interpellé en août 2025. Pendant plusieurs mois, il avait été surveillé pour son rôle dans un réseau de trafic de crack, d'héroïne et de cocaïne. Les substances étaient dissimulées sous des paillis d’herbe séchée dans des jardins partagés, à proximité de la gare SNCF de Nantes.
L'enquête avait révélé qu'Hakim K. savait mobiliser des instructions pour d'autres membres de son réseau et qu'il était souvent vu en train de recevoir de l'argent, ce qui l'a conduit à être jugé en comparution immédiate. Néanmoins, son avocat, Me Sobieslaw Bemmoussat, a rapidement découvert que des anomalies dans la procédure ad hoc entravaient la juste défense de son client.
Les éléments de preuve présentés par le parquet avaient été collectés de manière douteuse, et l'avocat a soulevé des nullités. Bien que le parquet ait fourni les « procès-verbaux manquants » seulement en octobre 2025, la cour d'appel de Rennes a estimé que cela ne régularisait pas la procédure. Ainsi, Hakim K. n'a pas eu l'opportunité d'analyser pleinement la procédure qui le concernait.
« Vous vous êtes essuyé les pieds sur l’État de droit »
Lors de son intervention, Me Bemmoussat a vilipendé ce qu'il a appelé une « rustine judiciaire » et a critiqué le parquet pour avoir ignoré les droits de son client. « Vous vous êtes essuyé les pieds sur l’État de droit et les droits de la défense », a-t-il déclaré avec véhémence.
L’avocat a fait valoir que le parquet avait délibérément changé de cadre procédural juste avant une audience cruciale, contournant ainsi les règles régissant la détention provisoire. En effet, cette manœuvre avait pour but de maintenir son client en détention malgré les failles juridiques évidentes présentes dans le procès-verbal initial.
La décision de la cour d'appel de Rennes a donc mis en lumière un dysfonctionnement notoire au sein du système judiciaire, suscitant des interpellations sur le respect des droits des détenus et sur la manière dont les procédures sont gérées. Hakim K. a pu sortir libre le jour même, tandis que le parquet de Nantes est désormais contraint de le reconvoquer pour un jugement conforme aux normes juridiques en vigueur.







