Une politique pro-vélo saluée par certains, mais critiquée par d'autres. Dans plusieurs grandes villes françaises, la question des mobilités constitue un enjeu majeur lors de la campagne municipale, comme en témoigne les débats à Strasbourg, Paris ou Lyon.
À Strasbourg, reconnue comme la ville la plus favorable au vélo en France avec 15,3% des habitants se rendant au travail à bicyclette selon l'Insee, la maire écologiste Jeanne Barseghian, candidate à un second mandat, vante sa "révolution des mobilités".
Elle prône la création d'un anneau cyclable autour du centre-ville, la mise en place d'un réseau de trains équivalent au RER francilien, l’extension du tramway et des lignes de bus. La gratuité des transports en commun pour les jeunes y est également en projet, marquant une ambition claire vers des alternatives aux transports motorisés.
À Paris, la multiplication des pistes cyclables a permis d'atteindre 1.500 km, renforçant la position du vélo au détriment de la voiture. "Le vélo a gagné sur les voitures", s'est réjouie la maire sortante Anne Hidalgo, qui dirige la capitale avec le soutien des écologistes depuis 12 ans.
De son côté, Lyon suit le mouvement : le maire Grégory Doucet et le président de la métropole Bruno Bernard poursuivent leur programme en prolongeant le réseau de tram et en piétonnisant davantage de zones, tout en cherchant à répondre aux préoccupations sociales telles que l'accès au logement.
Cependant, l'ancien président de l'OL, Jean-Michel Aulas, concurrent de Doucet, critique ces changements, les qualifiant d'irréalistes et d’invalides face à la réalité des embouteillages qu’ils génèrent. Pour lui, l’automobile, bien qu’à réduire, reste indispensable.
La chercheuse Mariane Thébert souligne que l'opposition utilise cette question pour capitaliser sur le mécontentement des citoyens face aux transformations rapides des mobilités. Selon elle, il est politiquement plus acceptable d'affirmer que le vélo pose des problèmes pour les piétons et les transports en commun.
À Strasbourg, Jean-Philippe Vetter, candidat des Républicains, se joint à cette critique en affirmant que ceux qui ne sont pas d'accord avec la politique écologiste sont souvent assimilés à des pollueurs. Il dénonce aussi un coût de stationnement prohibitif, qui pénalise les moins favorisés.
Un des projets emblématiques de Barseghian, une extension du tramway vers le nord, a reçu un avis négatif inattendu d'une commission d'enquête publique, qui remet en question la faisabilité du projet face à une réduction nette de la circulation automobile.
À Paris, des voix s'élèvent également contre un développement des infrastructures cyclables au détriment de la sécurité des piétons. Rachida Dati, candidate de la droite, critique un "chaos généralisé" et propose des mesures pour améliorer la circulation sans réduire la place accordée au vélo.
Malgré les critiques, Jeanne Barseghian maintient son cap et refuse de céder devant une opposition qui se fait de plus en plus pressante dans les sondages. "Les transports en commun, la marche et le vélo sont toujours en vogue", affirme-t-elle, réaffirmant son engagement pour des modes de transport plus durables.







