Trois tragédies ont frappé l’École nationale vétérinaire d’Alfort depuis la rentrée, avec la perte de deux étudiantes et d'une enseignante. En septembre, un père a perdu sa fille, et il exige aujourd'hui une intervention du Premier ministre pour protéger les étudiants vétérinaires.
Avec un témoignage poignant, le père déclare à Radio France : "Ma fille avait débuté son internat après avoir brillamment terminé son cursus. Le deuil de notre enfant nous a poussés à agir pour les autres. Il n'est plus admissible de rester silencieux face à cette douleur." Cette école réputée, qui forme près de 900 vétérinaires chaque année et traite plus de 40 000 animaux, se trouve en pleine tourmente. Néanmoins, le constat était déjà alarmant. Un rapport publié récemment par les écoles nationales vétérinaires, dont Alfort, Lyon, Nantes, et Toulouse, conclut à une détresse psychologique croissante parmi les étudiants, comme l'affirme Didier Truchot, professeur émérite. Sur environ 1600 étudiants interrogés dans ce rapport, un chiffre glacial de 15,7% d'entre eux, soit environ 250, a exprimé des pensées suicidaires dans les deux semaines précédant l'enquête. La pression académique et les exigences du cursus sont souvent mises en avant comme facteurs contributifs.
Le père insiste sur l'urgence de mobiliser l'État : "Qui sont ces étudiants en détresse ? L'État doit agir pour identifier et soutenir ceux parmi eux qui pensent à mettre fin à leurs jours. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés." En réponse, la direction de l'École vétérinaire d'Alfort reconnaît l'ampleur du phénomène et a renforcé ses dispositifs de soutien psychologique, proposant notamment des groupes de parole et des permanences d'écoute. Cependant, certains estiment que cela reste insuffisant. Comme le mentionne un intervenant de l'université : "Le problème dépasse le cadre des institutions ; une approche coordonnée est nécessaire pour lutter contre cette crise." En appelant à une mobilisation urgente, ce père de famille adresse aussi un message aux étudiants : "Votre vie est précieuse. Ne laissez pas la souffrance vous mener à des choix tragiques. Pensez à l'impact que cela aurait sur vos proches." La crise des suicides dans les écoles vétérinaires soulève une question essentielle de santé publique et incite à une réflexion collective pour éviter de telles tragédies futures.







