Ce jeudi 22 janvier, les clients du Crédit Agricole pourraient bien trouver portes closes. En effet, plusieurs syndicats appellent les salariés à cesser le travail pour une durée qui peut aller de deux heures à une journée entière. Ce genre de mobilisation est plutôt rare dans le contexte d'une banque mutualiste comme le Crédit Agricole, qui emploie 78 000 personnes à travers ses 39 caisses régionales et différentes filiales.
La mécontentement parmi les syndicats s'est intensifié suite à l'échec des récentes négociations salariales, qui n'ont abouti qu'à une modeste augmentation de 0,5 %. Jean-Yves Salvat, secrétaire national de Sud-Crédit Agricole Mutuel, exprime son indignation face à ce qu'il considère comme un "manque de respect de la part de la direction".
François-Xavier Heulle, directeur général adjoint de la FNCA, reconnaît que ces négociations n'ont pas été simples. Il souligne, cependant, que des augmentations individuelles sont laissées à l'appréciation des caisses régionales, créant ainsi des disparités entre les différents établissements.
Les syndicats s’inquiètent également des conséquences d'un plan de mutualisation des métiers proposé par la direction, nommé "efficacité". Eric Gonce, directeur adjoint de la FNCA en charge de la transformation, indique que ce programme vise à "industrialiser" certains processus au sein des caisses. Jean-Yves Salvat n'hésite pas à faire part de ses craintes concernant la suppression potentielle de 150 postes dans la caisse régionale du Centre Ouest.
Vers des fermetures d'agences ?
Un autre point de préoccupation pour les syndicats demeure le nombre d'agences, en chute libre depuis le début des années 2010. D'après Sud-CAM, 112 agences ont fermé leurs portes l’année dernière, un chiffre deux fois supérieur à celui des années précédentes.
Il apparaît paradoxal que le Crédit Agricole, malgré ces fermetures, ne traverse pas de difficultés financières. En effet, le bénéfice net du groupe des caisses régionales s'approche des 3,2 milliards d'euros pour les trois premiers trimestres de 2025. Ce constat suscite encore plus d’interrogations sur la stratégie à long terme de la banque.







