Le 21 mai dernier, les députés français ont voté en faveur d'un article clivant visant à faciliter le stockage d'eau pour l'agriculture, une décision qui suscite de vives réactions, notamment de la part des partis de gauche. Ces derniers dénoncent une « fuite en avant » pour soutenir un modèle agricole intensive, pointant du doigt les risques environnementaux liés à cette initiative.
Le texte, qui fait partie du projet de loi d’urgence agricole, a été discuté pendant de longues heures et a pour but d'encadrer la construction de bassines et autres retenues d'eau. Les défenseurs de ce projet expliquent qu'il est essentiel pour les agriculteurs de disposer de réserves d'eau pour assurer leurs récoltes durant les périodes de sécheresse, qui deviennent de plus en plus fréquentes en raison du changement climatique.
En effet, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, met en avant les enjeux liés à l’irrigation dans un pays où seulement 7 % des terres sont actuellement irriguées. « Très peu », selon elle, ce qui justifie le besoin de rendre l'accès à l'eau plus flexible pour les agriculteurs.
Des voix critiques face à ce nouveau cadre
La réaction des opposants à ce texte est forte. Delphine Batho, députée écologiste, affirme qu'il s'agit d'une « illusion » que le stockage à lui seul pourrait résoudre les problématiques liées à la pénurie d'eau. Selon elle, les experts plaident plutôt pour un « changement des pratiques agricoles » pour une gestion plus durable de la ressource.
D'autres, comme le député Benoît Biteau, sont également critiques, arguant que cette mesure ne bénéficiera qu'aux grands exploitants, renforçant ainsi les inégalités dans le secteur agricole. En supprimant l'obligation de réunions publiques pour les autorisations environnementales, ils estiment que cette décision met en péril non seulement les agriculteurs mais aussi l’environnement en limitant le dialogue et la consultation publique.
La tension s'est accrue avec le soutien du Rassemblement National à ce projet, faisant valoir que la lenteur des procédures d'approbation pour de tels ouvrages, pouvant parfois atteindre dix ans, fait cruellement défaut face à l'urgence climatique.
L’adoption de cet article, accusé de contrecarrer même la séparation des pouvoirs par des députés comme Manon Meunier (LFI), laisse planer des inquiétudes quant à la manière dont la gestion de l'eau pourrait être politiquement instrumentalisée.
Le débat autour de cette loi est donc loin d’être clos et pourrait s'accentuer à mesure que la crise climatique se fait plus pressante. Les agriculteurs et les environnementalistes s'interrogent sur un modèle qui pourrait, à terme, décider de l'avenir agricole et écologique de la France.







