Dans le cadre du festival d'art contemporain Soñj, l'Atelier culturel a présenté Terceradix, un centre immersif qui a vu le jour le 20 mai dernier. Gâvres, une commune du Morbihan, se retrouve à la croisée des chemins, luttant contre l'erosion côtière et le retrait du littoral. Ce combat, partagé par de nombreuses communes bretonnes, s'intensifie face à la montée du niveau de la mer.
Pour protéger son ancien site de la pyrotechnie, dont la structure était en délitement, Gâvres a opté pour une solution naturelle. Une approche jugée à la fois économique et efficace, comme l'indique Gérard Pécheux, adjoint à la mairie : "Nous avons observé d'importants gains avec des techniques naturelles ailleurs dans la commune : nous avons récupéré jusqu'à un mètre d'épaisseur de sable dans certains secteurs".
La végétation pour fixer et consolider la dune
Le projet a bénéficié du soutien de l'État et de Lorient Agglomération, sans que Gâvres n'ait à allouer un centime sur les 1,2 million d'euros du coût total. L'État a contribué à hauteur de 50 % dans le cadre de la loi Climat et Résilience.
Cependant, la réalisation du chantier a été compliquée : pas moins de sept tempêtes hivernales ont perturbé les travaux, et de plus, les machines étaient interdites de travailler après le 15 mars, en raison de la nidification d'oiseaux sur ce site classé Natura 2000. "Nous avons dû suspendre une partie des travaux en raison de nids d'hirondelles de rivage", précise Gérard Pécheux.
Un filet en coco biodégradable
Cette initiative repose sur une reconstruction soignée de la dune, utilisant du kaolin, des couches de sable et des filets en coco pour maintenir le sable en place, favorisant ainsi la croissance de la végétation. Xavier Le Baron, gérant de Golfe Bois Création, explique : "Nous observons déjà de nouvelles pousses, malgré les embruns. Les graines des espèces endémiques maritimes commencent à germer, et nous anticipons la présence d'oyat pour fixer la dune à long terme".
Des milliers de mètres cubes de sable en jeu
Cette stratégie, couplée à des ganivelles en bois, permet de capter et stabiliser le sable, créant un cercle vertueux. Gérard Pécheux souligne : "Nous avons le potentiel de 2500 mètres cubes de sable à ce niveau, en flux constant d'est en ouest, une partie d'entre eux se perdant dans l'embouchure de la ria d'Étel".
Bien que l'élu soit conscient de la complexité du combat – une lutte peut-être vouée à l'échec à long terme – il s'interroge sur les critiques reçues sur les réseaux sociaux : "Notre philosophie, c'est de résister tant que nous le pouvons, et quand cela ne sera plus possible, nous évacuerons". Il se remémore les doutes des pêcheurs locaux au sujet des ganivelles : "Ils croyaient que ce serait inutile, mais notre objectif reste de retenir le sable et de faire confiance aux méthodes éprouvées".
La dune de la Pyrotechnie, suivie avec attention, pourrait devenir une île d'ici 2050 si les projections se concrétisent. Gâvres s'engage également à surveiller étroitement l'évolution de la dune grâce à des mesures hydrologiques et des dispositifs photographiques, tout en collaborant avec l'Université Bretagne Sud pour envisager des modifications à un enrochement qui pourrait exacerber l'érosion.
Ce combat local attire également l'attention internationale. Dernièrement, une délégation chypriote a visité Gâvres pour s'informer des techniques de protection adoptées, témoignant de l'intérêt que suscite cette démarche innovante.







