L'intelligence artificielle (IA) fait son entrée dans le domaine des déclarations fiscales, promettant une réduction du temps consacré aux démarches et la possibilité d'économiser jusqu'à 3 000 euros. Toutefois, des interrogations subsistent concernant la sécurité des données et les questions juridiques liées à son utilisation.
Alors que la période des déclarations de revenus approche, la grande question est de savoir si l'IA peut réellement être un partenaire fiable. Pour de nombreux contribuables, la complexité des formulaires peut être accablante. Des startups innovantes, des chatbots tels que ChatGPT et diverses plateformes automatisées apparaissent sur le marché, offrant des outils qui promettent non seulement de simplifier le processus, mais aussi d’optimiser la déclaration fiscale.
Ces nouvelles technologies sont déjà utilisées pour préremplir des informations, identifier des crédits d'impôts non réclamés (dons, travaux, emploi à domicile, etc.) et simuler divers scénarios fiscaux, permettant ainsi à certains utilisateurs d'économiser significativement. Selon des estimations, ceux qui ont des revenus variés ou qui sont indépendants pourraient réaliser des économies de l'ordre de 2 000 à 3 000 euros.
Un rôle pédagogique
Au-delà de l'optimisation, l'IA joue également un rôle fondamental dans l'éducation fiscale. De nombreux agents conversationnels intégrés dans des applications de déclaration offrent des réponses instantanées, éclairant ainsi les contribuables sur la manière de remplir correctement les formulaires et de comprendre les règles fiscales. Dans des scénarios simples, cet accompagnement peut agir comme un guide interactif, minimisant les erreurs dues à une mauvaise interprétation des règles.
Cependant, il est crucial de noter qu'une telle technologie présente des limites. L'IA ne remplace pas le conseil fiscal personnalisé, surtout dans des cas complexes tels que l'expatriation ou la gestion d'un patrimoine diversifié. Les recommandations générées reposent souvent sur des modèles standards, qui peuvent négliger des détails juridiques importants. Par ailleurs, contrairement aux experts-comptables ou aux avocats fiscalistes, ces outils ne supportent pas la responsabilité juridique. Ainsi, en cas d'erreur ou de redressement, le contribuable demeure le seul responsable de sa déclaration, une réalité souvent mise de côté par les utilisateurs.
L'enjeu de la sécurité des données personnelles
Un autre aspect préoccupant est la sécurité des données personnelles. Les outils d'IA, en particulier les chatbots destinés au grand public, sollicitent fréquemment des informations sensibles. Une étude de Surfshark indique que ces données, souvent recueillies de manière non sécurisée pour le traitement fiscal, peuvent être utilisées pour des activités de profilage, malgré le cadre réglementaire de l'Union européenne.
Les utilisateurs doivent également faire face à des variations dans le fonctionnement des outils, certains exigeant des informations précises alors que d'autres se contentent de réponses vagues. Dans toutes les situations, la fiabilité des réponses ne peut être garantie, exposant le contribuable à de potentielles erreurs lors de cette démarche officielle.
Enfin, le modèle économique de certaines plateformes soulève des interrogations. En arrière-plan des promesses d'optimisation fiscale, certaines d'entre elles commercialisent des produits de défiscalisation, remettant en question la neutralité de leurs recommandations. Cette logique commerciale peut influencer les conseils donnés, ce qui n'est pas négligeable.
Dans ce contexte, l'IA peut représenter un outil pertinent pour des déclarations simples, en aidant notamment à valider des informations ou à mieux comprendre ses droits. Néanmoins, pour des cas plus complexes, il est toujours conseillé de faire appel à un professionnel ou d'utiliser un logiciel certifié. Rester vigilant est donc essentiel.







