Depuis mars, une brigade innovante, composée de réservistes policiers et gendarmes, patrouille dans les transports en commun de la métropole stéphanoise. Ce partenariat inédit vise à "dissuader, sécuriser et interpeller" dans le but de restaurer un climat de sécurité pour les usagers.
Mercredi 8 avril, trois policiers et trois gendarmes se trouvaient à un arrêt de bus à Sorbiers (Loire). Leur mission s'inscrit dans un cadre de coopération inédite en France. Deux à trois fois par semaine, les forces de l'ordre embarquent dans les bus ou les trams pour offrir leur présence, contrôler les passagers et, si nécessaire, procéder à des interpellations.
Des témoignages recueillis parmi les usagers révèlent une certaine surprise face à l'arrivée de cette brigade. "Vous n'avez pas votre carte d'identité ?" ou encore, "Pourquoi ne connaissez-vous pas votre date de naissance ?" pose un membre de la patrouille à un jeune homme. Les usagers semblent bien accueillants face à cette initiative qui pourrait contribuer à réduire les incidents.
Remettre de l'autorité dans les transports
Célia, 16 ans, utilise cette ligne de bus pour se rendre au lycée chaque jour. Elle affirme : "C'est rassurant, surtout avec des incidents qui se produisent. À plusieurs reprises, j'ai vu des désagréments avec d'autres passagers. La présence de policiers sera plus agréable." Sa mère, Djamila, renchérit : "Ma voisine a récemment eu son collier arraché dans le bus. C'est donc apaisant de voir des policiers en action."
Les forces de l'ordre rapportent deux actes de délinquance par jour, ainsi qu'une atteinte à l'intégrité physique tous les deux jours dans les transports. "Nous venons restaurer l'autorité dans ces espaces. Le premier mois de patrouille est prometteur", souligne le capitaine Giraud. La brigade couvre toutes les lignes de tram et les 80 lignes de bus de la Métropole, englobant 53 communes.
Où ? Quand ?
Bien que la brigade vise à dissuader les actes de violence, elle ne peut pas être présente partout. Une analyse semestrielle des incidents permettent de concentrer leurs efforts sur des zones spécifiques. Par exemple, la Stas appelle souvent les équipes en cas dituation préoccupante dans certaines communes. Yves Cellier, directeur de la police nationale dans la Loire, précise : "Notre objectif est de garantir une sécurité cohérente entre les zones police et gendarmerie, pour éviter toute discontinuité."
Les patrouilles se concentreront principalement sur les zones urbaines, y compris les secteurs tels que la Terrasse, la place Bellevue, l'hôtel de ville, et Châteaucreux. Actuellement, les interventions se font principalement les mercredis, vendredis et samedis.
230.000 euros, pour l'instant
Le maire de Saint-Étienne, Régis Juanico, souhaite élargir cette initiative. Pour l’instant, la Ville finance le dispositif à hauteur de 230.000 euros. L'élu envisage de demander à la Métropole de soutenir ces efforts avec un financement similaire. "C'est un investissement judicieux, nous comptons sur une augmentation des patrouilles", déclare le maire.







