Le groupe Even, acteur majeur de l'industrie laitière en Bretagne, a dévoilé un chiffre d'affaires de 2,7 milliards d'euros pour l'année 2025, une légère hausse de 0,2%. Ce bilan positif s'inscrit dans un contexte de croissance des volumes collectés, bénéficiant également à ses 300 nouveaux producteurs, qui ont été récompensés par des prix au plus haut historique.
Lors de la présentation de son bilan le 9 avril à Ploudaniel (Finistère), Even a mis en avant sa filiale de transformation, Laïta, qui représente 64% de son chiffre d'affaires et emploie une grande partie des 6.410 salariés du groupe. Selon des observations de France Bleu, la marque Madame Loïk a enregistré une flambée de 27%, alors que le beurre Paysan Breton continue de figurer parmi les produits laitiers incontournables en Bretagne.
Un prix record pour les producteurs
Laïta a collecté près de 1.500 millions de litres de lait l'an passé, dont 36% a été fourni par les producteurs de la coopérative, accueillant 300 nouveaux membres depuis la fin 2024. Ces éleveurs ont bénéficié d'un prix au plus haut, franchissant pour la première fois la barre des 500 euros pour 1.000 litres, un témoignage de la santé actuelle du secteur. Jean-Michel Gac, président d'Even, a exprimé : "C'est une année historique, à marquer d'une pierre blanche. Cela donne aux producteurs les ressources nécessaires pour investir et garantir la pérennité de notre modèle."
Une dynamique d'investissement continue
Even a également investi 75 millions d'euros dans la modernisation de ses outils industriels et la recherche d'innovation. Pour l'avenir, un plan d'investissement de plus de 300 millions d'euros d'ici 2030 a été annoncé. Cela comprend des projets visant à renforcer l'automatisation et à améliorer la sécurité des infrastructures, tout en intégrant des pratiques respectueuses de l'environnement.
Poursuite des efforts environnementaux
Dans le cadre de sa démarche de durabilité, Even s'engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de manière efficace. Christian Griner, directeur général, souligne l'importance de passer d'une obligation de moyens à une obligation de résultats. "La majorité de notre empreinte carbone est liée au méthane, nous devons concentrer nos efforts là-dessus avec nos adhérents," a-t-il affirmé, précisant que les producteurs seront désormais rémunérés en fonction de leurs résultats en matière d'émissions.
Argel : un modèle en mutation
Cependant, tous les segments du groupe ne connaissent pas la même prospérité. La filiale Argel, spécialisée dans la distribution de produits surgelés, doit se préparer à l'impact de l'interdiction du démarchage téléphonique prévue pour août. Christian Griner a indiqué : "Nous comprenons les préoccupations des consommateurs, mais il est essentiel de conserver un service adapté, surtout pour les populations rurales". Ainsi, Argel envisage de réformer sa relation client et d'adopter des solutions numériques pour naviguer dans les défis à venir.







