Ce vendredi matin, Donald Trump et Xi Jinping ont poursuivi leur sommet à Pékin. Si la presse internationale souligne une ambiance amicale, les divergences fondamentales entre les deux superpuissances perdurent.
Donald Trump a ouvert cette dernière journée par un message sur les réseaux sociaux, rapportant les éloges de Xi Jinping sur ses « nombreux et formidables succès », affirmant que « les relations entre ces deux géants mondiaux sont solides et en constante amélioration » selon Channel News Asia.
Cependant, comme le note la chaîne singapourienne, « d'importantes divergences subsistent, notamment sur des thèmes brûlants tels que l'Iran, Taïwan et bien d'autres ».
Sous cette apparente cordialité, le sommet est traversé par des tensions profondes, des griefs et suspicions accumulés, comme l'affirme El País.
Ces tensions vont des « restrictions technologiques américaines, perçues par la Chine comme une tentative d'entraver son développement », jusqu'au pouvoir de Pékin d'exercer des pressions pour limiter les exportations de terres rares essentielles à l'industrie américaine, explique le journal espagnol.
Une rencontre, deux comptes rendus
Pour comprendre ces tensions, il suffit de comparer « les déclarations publiées par la Chine et les États-Unis » à l'issue de la journée précédente, qui révèlent « des priorités radicalement différentes au sein des deux camps », note South China Morning Post.
Alors que Washington s'intéresse principalement au commerce, au fentanyl et à l'Iran, Pékin, de son côté, insiste sur Taïwan, la stabilisation des relations bilatérales et les compliments de Trump envers Xi Jinping, résume le média hongkongais.
« Une rencontre, deux comptes rendus, deux visions du succès », écrit The Straits Times. Les deux pays semblent sortir de cette rencontre en affichant des avancées, mais leurs communiqués révèlent des conceptions étonnamment divergentes de ce qui importait réellement.
En effet, « les deux parties sont parvenues à des accords suffisants pour présenter cette rencontre comme une victoire à leurs opinions publiques, sans craindre de compromettre leurs intérêts nationaux », analyse le quotidien singapourien. Pékin a pu mettre en avant la « stabilité » de ses relations, tandis que Washington a mis l'accent sur des gains économiques concrets, notamment sur la question iranienne.
La question iranienne
La question iranienne illustre cette différence d'approche. La Maison-Blanche a déclaré que les États-Unis et la Chine étaient « alignés sur la nécessité de rouvrir le détroit d'Ormuz », selon The New York Times.
Dans une interview à Fox News, Trump lui-même a mentionné une offre de Xi Jinping pour assurer la sécurité de la navigation, en précisant que « le président Xi souhaitait un accord ». Cependant, « le compte rendu chinois ne fait pas allusion à cette question iranienne », souligne Time.
La déclaration officielle chinoise se limite à dire que les deux dirigeants ont « échangé des points de vue sur des problématiques internationales et régionales majeures », comme la situation au Moyen-Orient, sans entrer dans les détails.
Taïwan passé sous silence par Washington
Inversement, le compte rendu de la Maison-Blanche omet complètement l'« insistance de Pékin sur la nécessité de bien gérer la question de Taïwan, sous peine de compromettre l'ensemble des relations », comme le souligne The Straits Times.
Les responsables américains craignaient que Trump cède aux pressions de Xi, mais à la lumière du résumé de la Maison-Blanche, « il semble que cela n'ait pas été le cas ».
Cependant, selon The New York Times, « le véritable test des divergences entre ces deux dirigeants pourrait intervenir lors de réunions plus restreintes, privilège du président américain ». Et une fois rentré, Trump pourrait bien présenter sa version des entretiens, ironise le quotidien.







