Les enquêtes ciblant Fabrice Leggeri, eurodéputé du Rassemblement national (RN) et ex-directeur de Frontex, sont désormais officielles, comme l’a révélé l’AFP ce mercredi. Ces investigations découlent d’une décision récente de la cour d’appel de Paris, suite à une série complexe de procédures judiciaires.
Leggeri est notamment accusé par des organisations de défense des droits de l’homme, telles que la Ligue des droits de l'homme, de complicité de crimes contre l'humanité, voire de torture. Ces accusations se fondent sur son rôle lors de son mandat à la tête de Frontex, où il a été qualifié par Me Emmanuel Daoud, avocat des plaignants, de responsable d'une "chasse aux migrants".
La défense de Leggeri a réagi en qualifiant ce lancement d’enquête de "mécanique", soulignant que leur connaissance de la décision de la cour d’appel a été obtenue par le biais des médias. La défense attend avec attention les résultats de cette information judiciaire avant de se prononcer davantage.
De janvier 2015 à avril 2022, Leggeri a dirigé l’agence européenne en charge des frontières, période durant laquelle il a fait l’objet de vives critiques par des ONG pour sa gestion des migrants, les accusant de fermer les yeux sur les refoulements illégaux. En 2024, il a rejoint le RN en tant que troisième sur sa liste pour les élections européennes.
La plainte à son encontre, initialement jugée irrecevable par le Parquet national antiterroriste (Pnat), a cependant été réexaminée. En mars 2026, la chambre de l'instruction a autorisé l'ouverture d'une information judiciaire basée sur les éléments présentés dans la plainte.
Cette dernière reproche à M. Leggeri d’avoir incité ses agents à collaborer avec les autorités libyennes et grecques dans l’interception des embarcations de migrants, tout en lui reprochant de privilégier une politique d’obstruction à l’entrée des migrants en Europe, quel qu’en soit le coût humain.







