La situation se complique pour le Rassemblement national (RN). Le parquet européen a ouvert une enquête portant sur des allégations de frauduleuse utilisation de fonds européens, déposées par l'association AC Anti-Corruption. Selon les accusations, le parti aurait utilisé des financements destinés à des formations médiatiques pour le bénéfice direct de Jordan Bardella lors de l'élection présidentielle de 2022.
Une source proche du dossier a indiqué qu'après une série de vérifications, une enquête a été lancée pour déterminer la véracité de ces accusations. Contacté, le parquet européen, basé à Luxembourg, a refusé de commenter cette affaire, rappelant que ces investigations sont généralement tenues confidentielles, comme l’a déclaré une porte-parole.
Un formateur payé par le Parlement européen
En janvier, le parquet européen avait déjà commencé à examiner la plainte formulée par AC Anti-Corruption. Les allégations concernent une formation aux médias financée par le Parlement européen mais servant, selon l'association, à des fins électoralistes pour Jordan Bardella et d'autres responsables du RN durant la campagne présidentielle de 2022.
La plainte, déposée à la fin de l'année 2025, fait état d'un détournement de fonds publics. Selon elle, les ressources économiques des eurodéputés du RN auraient été mobilisées à des fins autres que celles pour lesquelles elles étaient initialement affectées. Ce document, basé sur une enquête du Canard enchaîné, a été remis au Parquet national financier (PNF).
Un formateur a été engagé pour préparer les élus du RN à la couverture médiatique, financé par le Parlement européen via un budget alloué aux élus. Cependant, il ressort qu'à partir de septembre 2021, ses efforts étaient principalement axés sur la préparation de Jordan Bardella en vue des élections présidentielles, et non pour une meilleure connaissance de l'actualité européenne, selon AC Anti-Corruption.
Bardella conteste les accusations
Le RN a vigoureusement contesté ces allégations. Jordan Bardella, le président du parti, a exprimé son intention d'exercer des recours en diffamation, qualifiant ces accusations de partisanes. Après l'annonce de l'enquête, le RN a fait savoir : "Jordan Bardella conteste bien entendu ces accusations qui le visent dans le contexte politique que l'on connaît et se réserve le droit d'engager des poursuites en diffamation et dénonciation calomnieuse."
AC Anti-Corruption a également appelé à mettre cette affaire en perspective avec le procès en cours concernant les assistants parlementaires européens du Front national (devenu RN), qui pourrait avoir des implications sur les futures candidatures aux élections, notamment celle de Marine Le Pen pour 2027, alors qu'elle fait face à une inéligibilité actuelle.







