Des spécialistes indépendants de l'ONU ont exprimé, le 25 janvier, leurs préoccupations quant au danger de "violences massives contre les civils" au Soudan du Sud, à la suite de discours "incendiaires" prononcés par certains hauts responsables militaires. La situation est particulièrement préoccupante dans l'État de Jonglei, où de violents affrontements éclatent depuis fin décembre entre l'armée nationale et le SPLA-IO, la rébellion soutenue par l'ancien vice-président Riek Machar.
Selon un communiqué de la Commission sur les droits de l'homme au Soudan du Sud, cette situation contribue à un climat de peur et à une possible escalade ethnique. Le porte-parole de l'armée, Paul Majok Nang, a exhorté ses troupes à "écraser" la rébellion, tandis qu'une autre déclaration d'un responsable a révélé une incitation à la violence aveugle, sans distinction d'âge.
Les inquiétudes croissantes de l'ONU sont accentuées par des déclarations de Yasmin Sooka, présidente de la Commission, qui rappelle que des prises de paroles similaires ont précédé par le passé des atrocités de masse. Elle réitère l'urgence d'un retour à la paix, tout en précisant que la responsabilité des chefs militaires et politiques pour leurs actes ne doit pas être sous-évaluée.
La population face à la menace
La mission des Nations unies au Soudan du Sud (Unmiss) a également dénoncé ces "discours incendiaires" et a appelé à un arrêt immédiat de ces appels à la violence. Le porte-parole des forces sud-soudanaises a demandé à la population de quitter les zones à risque pour se protéger.
Les conséquences humanitaires sont déjà alarmantes : 180 000 personnes ont été déplacées et l'insécurité alimentaire s'est aggravée à cause des conflits, des inondations et des infections laborieuses dans la région. Bien que le pays soit jeune, ayant acquis son indépendance en 2011, il est en proie à des conflits récurrents qui rappellent les horreurs de la guerre civile de 2013 à 2018.
Les experts insistent pour que toutes les parties concernées mettent immédiatement fin à la mobilisation de forces militaires et au discours incendiaire, afin d'éviter une escalade qui ne ferait qu'aggraver une situation déjà critique. À l'avenir, des efforts diplomatiques et une pression internationale peuvent sembler nécessaires pour prévenir un nouveau cycle de violence ethnique.
La crise actuelle, avertit Sooka, peut être évitée, mais les agressions et abus d'autorité doivent cesser pour que la paix ait une chance de s'établir.
Source : AFP







