Depuis son investiture le 5 janvier, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, sous la pression des États-Unis, a promis une série de libérations de prisonniers politiques. Cependant, la lenteur du processus soulève de vives critiques de la part de l'opposition et des ONG. Ce dimanche 25 janvier, l'ONG Foro Penal a annoncé la libération d'au moins 104 prisonniers politiques en une seule journée.
« Nous avons vérifié 104 libérations de prisonniers politiques au Venezuela aujourd'hui. Nous continuons de vérifier d'autres libérations », a tweeté Alfredo Romero, directeur de l'organisation, après un premier décompte d'au moins 80 libérations.
Selon Gonzalo Himiob, également de Foro Penal, « ce chiffre n'est pas encore définitif et pourrait augmenter au fur et à mesure que nous procédons à davantage de vérifications ».
Le gouvernement vénézuélien a promis un « nombre important » de libérations. Récemment, il a déclaré avoir relâché 626 détenus politiques depuis décembre, bien que cette affirmation ne concorde pas avec les données des ONG, qui estiment que seulement la moitié ont effectivement été libérées sur cette période, selon des rapports de France 24.
Quelque 2 400 personnes arrêtées en 2024
La lenteur du processus est vivement critiquée par l'opposition et les groupes de défense des droits humains. Des familles, passées la nuit devant les prisons, attendent désespérément la sortie de leurs proches.
« Nous formons tous une famille maintenant », a déclaré Aurora Silva, l'épouse de Freddy Superlano, un opposant incarcéré depuis un an et demi.
Pour sa part, Lorealbert Gutierrez, 19 ans, espère voir sortir son compagnon Emmanuel De La Rosa et son frère Alberto Gutierrez, tous deux emprisonnés pour un présumé attentat à la bombe à Caracas. « Tant que je ne les verrai pas dehors, je ne partirai pas », promet-elle.
Delcy Rodriguez, sous pression depuis son accession au pouvoir le 5 janvier, a non seulement promis des libérations, mais également signé des accords pétroliers avec les États-Unis et engagé des réformes législatives, incluant une nouvelle loi sur les hydrocarbures. Elle a récemment exprimé son souhait d'atteindre des « accords » avec l'opposition pour parvenir à la « paix » dans le pays.
Alors que l'ancien président Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores sont poursuivis à New York pour narcotrafic, environ 2 400 arrestations ont été enregistrées en 2024, avec au moins 28 personnes tuées lors de la répression des troubles qui ont suivi l'élection présidentielle contestée de Maduro en 2024.
Des figures de l'opposition toujours détenues
Les accusations de fraude continuent de planer sur les élections récentes, l'opposition diffusant des résultats électoraux montrant son candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, en tête. Le Conseil national électoral, sous une pression grandissante, n'a pas publié de résultats détaillés, prétextant une attaque informatique.
Jeudi, les autorités avaient également libéré Rafael Tudares, gendre de Gonzalez Urrutia, emprisonné depuis plus d'un an pour des accusations de terrorisme. Ce dernier a dénoncé des « représailles ».
Parmi ceux qui ont été relâchés figurent des personnalités de l'opposition comme Enrique Marquez, Rocio San Miguel, défenseure des droits humains, et le journaliste et militant Roland Carreño. Toutefois, certains d'entre eux restent encore derrière les barreaux, notamment Javier Tarazona, en détention depuis 2021 pour « terrorisme » et « trahison », ainsi que Freddy Superlano, arrêté suite aux manifestations de juillet 2024.
Juan Pablo Guanipa, un autre allié de la cheffe de l'opposition Maria Corina Machado, demeure également incarcéré pour un supposé complot contre les élections des gouverneurs et des députés prévues en 2025.







