Joël Guerriau, ancien sénateur de Loire-Atlantique, est confronté à la justice les 26 et 27 janvier pour une affaire troublante. Accusé d'avoir drogué la députée Sandrine Josso, le 14 novembre 2023, il pourrait être condamné à cinq ans d'emprisonnement pour agression sexuelle ou viol. Les faits se déroulent dans un contexte particulièrement alarmant de soumission chimique.
À l'audience, il est également jugé pour détention de stupéfiants, une situation compromettante, car la police a découvert chez lui un sachet contenant de la MDMA, la substance que la députée aurait ingérée. Pour cela, il pourrait également faire face à un an d'emprisonnement supplémentaire.
Les enquêteurs s'intéressent à la relation entre ces deux anciens collègues, qui ne se sont pas rencontrés depuis une confrontation organisée en novembre 2024. Le contrôle judiciaire impose à Guerriau de ne pas approcher Josso, qui a confié à des médias que relire le dossier est éprouvant : "C'est lourd".
Une soirée qui prend une tournure inattendue
Ce soir-là, la députée se rend chez Guerriau pour célébrer sa réélection. Bien que leurs interactions aient été principalement professionnelles, Josso se dit surprise d'être l'unique invitée. À son arrivée, elle remarque que son hôte prépare des flûtes de champagne, tout en manipulant un sachet de poudre blanche. "Le goût du champagne était inhabituel", se souvient-elle. Ses interrogations se multiplient en raison de l'insistance de Guerriau à porter plusieurs toasts et de ses comportements étranges.
Les effets de la drogue se font rapidement ressentir : "J'ai eu des nausées, des sueurs, des palpitations", témoigne-t-elle. Convaincue d'avoir été droguée, elle prend un taxi vers l'Assemblée nationale, alertant un collègue par message sur son inquiétude.
À son arrivée, des collègues s'assurent de sa sécurité et de l’assistance médicale.
Preuves accablantes sur le prévenu
Un test toxicologique effectué après les faits révèle une concentration élevée de MDMA dans le sang de Josso, ce qui amène les enquêteurs à fouiller le domicile de Guerriau. Ils y trouvent 30 g de MDMA en sachet, ainsi qu'une somme d'argent liquide et divers matériels informatiques. Curieusement, plusieurs messages échangés, notamment ceux de Josso, ont été supprimés de son téléphone, laissant planer des doutes.
Les analyses indiquent également que Guerriau a mené des recherches en ligne sur les drogues comme le GHB et l'ecstasy, au moins un mois avant la soirée incriminée. Des mots-clés liés aux "drogues du violeur" et leurs effets ont également été recherchés, suscitant une vive inquiétude quant à ses intentions.
Sandrine Josso, qui témoigne auprès de franceinfo, déclare : "Le premier traumatisme, c'est l'intentionnalité", soulignant la gravité des accusations. Selon elle, la recherche de telles informations par Guerriau avant leur rencontre ne laisse planer aucun doute quant à la nature de ses actes.
"Il a tapé les mots 'drogue et viol' dans Google, il a fait tout ça avant de me voir !"
Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantiqueà franceinfo







