Emmanuel Abayisenga, l'homme à l'origine de l'incendie de la cathédrale de Nantes, a reçu, le jeudi 22 janvier, une peine de 30 ans de réclusion criminelle de la part de la cour d'assises de Vendée. Cette condamnation fait suite à l'assassinat du père Olivier Maire, survenu en août 2021.
La cour n'a pas pris en compte l'argument de l'altération du discernement, suggéré par un médecin psychiatre. La sentence inclut une période de sûreté de 20 ans ainsi qu'une interdiction définitive de séjour en France. L'avocate générale a décrit l'accusé comme un "criminel sans foi ni loi", soulignant ses mensonges répétés depuis son arrivée en France.
Âgé de 45 ans et originaire du Rwanda, Emmanuel Abayisenga est resté silencieux durant les quatre jours d'audience, ne communiquant que par écrit. "Je ne connais pas le son de sa voix", a révélé son avocate, Me Maud Navenot, qui a été désignée en octobre 2025.
La complexité de la responsabilité pénale
Un thème central du procès était la responsabilité pénale d'Abayisenga. À plusieurs reprises, il a donné des réponses incohérentes. Lors de l'enquête, il a justifié son acte en affirmant que le prêtre aurait tenté de le "caster" pour des problèmes de santé. Me Céline Party, l'avocate des frères de la victime, a qualifié ces déclarations d'"inentendables" et a rappelé que la réalité était bien plus brutale.
Les images des blessures du père Olivier Maire, conclu par le légiste, ont profondément marqué l'audience.
Un contexte tragique
Le 9 août 2021, sous contrôle judiciaire après l'incendie de la cathédrale, Abayisenga s'est rendu à la gendarmerie pour demander à être emprisonné. Dans les jours qui ont suivi, le corps du père Maire a été retrouvé, ayant succombé à des blessures à la tête infligées au cours de la nuit précédente.
La découverte du corps a suscité une onde de choc au sein de l'Église catholique, le pape François exprimant sa "douleur" lors d'une audience publique. Emouvant et tragique, cet événement a également mis en lumière les problèmes d'immigration en France, la situation administrative d'Abayisenga ayant été éprouvante depuis son arrivée en 2012. Ce dernier a tenté d'obtenir l'asile en raison de son passé difficile marqué par le génocide rwandais, mais ses demandes ont été rejetées à plusieurs reprises.
La mort du père Maire a non seulement choqué sa communauté, mais également suscité une réflexion sur les enjeux de la justice et de l'humanité au sein de sociétés en proie à des violences et des tensions.







