Un incident tragique a eu lieu à Jérusalem mardi, alors qu'un jeune homme de 18 ans a perdu la vie lors d'une manifestation d'ultraorthodoxes contre la conscription militaire. Selon le Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix-Rouge, un bus a heurté plusieurs piétons, blessant légèrement trois d'entre eux avant de rouler sur la victime, restée coincée sous le véhicule et décédée sur place.
Les circonstances de cet événement restent floues. Bien que la police israélienne ait rapidement écarté l'hypothèse d'une attaque terroriste, il n'est pas encore clair si le jeune décédé faisait partie des manifestants. Des milliers d'ultraorthodoxes s'étaient rassemblés pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis d'une loi sur la conscription, un sujet particulièrement sensible en Israël, comme l'indique le quotidien Le Parisien.
La manifestation a pris une tournure violente lorsqu'un groupe d'émeutiers a commencé à bloquer des routes et à jeter des projectiles sur les forces de l'ordre. Le conducteur du bus a reporté que son véhicule avait été attaqué, décrivant l'incident comme un « malheureux accident ». Le président israélien, Isaac Herzog, a réagi avec émotion sur les réseaux sociaux : « Cette soirée douloureuse doit nous servir de signal d’alarme. Il est temps de faire preuve de responsabilité, d’apaiser les tensions », a-t-il déclaré.
Ce drame survient sur fond de tensions croissantes autour de la conscription militaire des jeunes ultraorthodoxes, qui bénéficient depuis des décennies d'exemptions. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou fait face à une forte pression pour augmenter le nombre de conscrits, tout en dépendant du soutien des partis ultraorthodoxes. Comme l'explique l'analyste politique Aviad Kleinberg sur Haaretz, la population ultraorthodoxe, représentant 14 % des juifs israéliens, constitue un réservoir de 66 000 hommes en âge de servir. Leur opposition à la conscription s’est intensifiée ces derniers mois, devenant ainsi un sujet central dans le débat public israélien.
Les manifestations se multiplient avec des propositions de loi sur la conscription qui, jusqu'à présent, ont été rejetées par les partis ultraorthodoxes, engendrant des tensions qui culminent parfois en violences, comme l'a révélé un rapport de The Jerusalem Post. La nécessité de trouver un terrain d'entente est plus pressante que jamais alors que la société israélienne réclame une réelle égalité de service.







