Au Royaume-Uni, le leader de Reform UK, Nigel Farage, se retrouve au cœur d'un nouvel imbroglio politique suite à des révélations concernant des dons non déclarés provenant de soutiens fortunés. Cette situation arrive à un moment délicat pour le parti anti-immigration, dont la montée fulgurante semble se heurter à des obstacles croissants.
Depuis son retour sur la scène politique britannique il y a deux ans, Farage avait réussi à se faire élire député et à propulser Reform en tête des sondages en vue des élections législatives de 2029. Cependant, son statut est désormais ébranlé alors que des journalistes de plusieurs médias ont mis en lumière des dons significatifs qu'il n'a pas déclarés.
En mai, le comité d'éthique du Parlement britannique a ouvert une enquête concernant un don de 5 millions de livres (5,7 millions d'euros) provenant de Christopher Harborne, un milliardaire du secteur des cryptomonnaies, peu avant les élections législatives de 2024. Ce montant fait partie d'une série de coûts non restitués, notamment en matière de sécurité et de communication, financés par un autre homme d'affaires, George Cottrell, déjà condamné pour fraude aux États-Unis.
Les tentatives de défense de Farage, qui ont été largement relayées dans les médias, n’ont fait qu’accentuer la controverse. Alors qu'il était généralement prolifique dans ses interventions médiatiques, sa présence s'est considérablement atténuée. Il a justifié ses actions en affirmant que le don de Harborne était un cadeau personnel destiné à sa sécurité, une version confirmée par le donateur lui-même.
Le professeur Tim Bale, spécialiste de la politique britannique à l’université Queen Mary, critique la stratégie communicationnelle de Farage, la qualifiant d'« extraordinairement contre-productive », signalant une apparente irritabilité et une possible dissimulation d’informations. Les députés doivent déclarer tout montant reçu dans les 12 mois précédant l'élection, à moins qu'il ne soit pas lié à des activités politiques.
En cas de non-respect des règles, Farage pourrait faire face à des sanctions conséquentes, notamment une suspension de la Chambre des communes. Une telle issue pourrait entraîner une élection partielle dans sa circonscription de Clacton, où la concurrence de l'extrême droite pourrait mettre à mal son ascension politique.
À la suite des récentes allégations, les Libéraux-Démocrates ont demandé à l'avocat Daniel Greenberg d'entamer une enquête. D'autres députés travaillistes ont également soulevé d'autres questions concernant la déclaration de divers intérêts immobiliers et des pressions exercées sur la Banque d'Angleterre concernant les cryptomonnaies.
Les sondages récents suggèrent un affaiblissement du soutien en faveur de Reform UK, avec un recul de 30% d'intentions de vote à seulement 25%, une avance sur les travaillistes désormais réduite à 5 points. L'échec du parti à remporter certaines élections partielles cette année traduit les désaccords internes et le choc que représente l'impopularité de Donald Trump, dont Farage a souvent exprimé le soutien.
Des rumeurs circulent désormais quant à un éventuel départ de Farage de Reform, avec des titres de presse comme The Guardian et The Independent s'interrogeant sur son avenir politique, ce qui, ajouté à la récente couverture médiatique négative, a contribué à assombrir son horizon politique. Les porte-paroles de Nigel Farage n'ont pas répondu aux nombreuses sollicitations.







