À Téhéran, une grande prière pour les funérailles d'Ali Khamenei, en l'absence de son fils Mojtaba

Des millions d'Iraniens se rassemblent pour un dernier adieu à Ali Khamenei.
À Téhéran, une grande prière pour les funérailles d'Ali Khamenei, en l'absence de son fils Mojtaba

Dimanche, la capitale iranienne a accueilli une prière d'hommage dédiée à l'ayatollah Ali Khamenei, marquant le deuxième jour de ses obsèques nationales. La cérémonie a rassemblé de nombreux hauts responsables, à l'exception notable de son fils Mojtaba, resté en retrait depuis sa succession à la tête du pays.

Cette prière, dirigée par l'ayatollah Ja'far Sobhani, 97 ans, a duré environ dix minutes. Parmi les dignitaires présents, le président Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le général Esmaïl Qaani, responsable des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, se sont tenus aux premières positions devant le cercueil.

Sur des images diffusées par la télévision d'État, trois autres fils d'Ali Khamenei étaient présents : Massoud, Mostafa et Meysam. Mojtaba, en revanche, est resté absent lors de cet hommage public, bien qu'il ait été blessé lors des bombardements israélo-américains qui ont causé la mort de son père. Son communiqué de presse est le seul moyen par lequel il s'exprime actuellement.

L'intention des autorités de présenter une image d'unité collective est mise à mal par l'absence des anciens présidents, comme Mohammad Khatami, Mahmoud Ahmadinejad et Hassan Rohani, ayant eu des relations tendues avec Khamenei.

Sur le réseau X, Ghalibaf a rendu hommage à la "fière et invincible nation" iranienne s'étant unie pour honorer son "martyr". Le cercueil d'Ali Khamenei, recouvert d'un drapeau iranien avec son emblématique turban noir, sera exposé jusqu'au soir, avant une procession dans les rues de Téhéran.

Les funérailles, attendues pour attirer entre 15 et 20 millions de personnes à Téhéran, se poursuivront dans plusieurs autres villes d'Iran et se rendront également en Irak, où se trouve une importante communauté chiite.

Les rues et lieux de culte de la capitale ont été inondés de fidèles, brandissant des drapeaux iraniens et des drapeaux rouges symboliques de vengeance. En dépit des températures élevées, des familles se sont regroupées pour écouter des chants religieux et rendre hommage.

Les proches d’Ali Khamenei, dont une de ses filles et une petite-fille de 14 mois, sont également honorés aux côtés de son cercueil. Un religieux chiite, Mohammad Mirsalehi, a exprimé une profonde douleur : "Nous perdons un père avec sa disparition. Nous sommes désormais tous orphelins".

La cérémonie, conçue comme une démonstration de force, s'inscrit dans un contexte tendu, avec des négociations en cours à Washington depuis un accord cadre pour mettre fin au conflit.

Après la procession dans la capitale, le cercueil partira pour Qom puis l'Irak, avec une inhumation prévue jeudi à Machhad, d'où Ali Khamenei était originaire. Durant ses plus de trois décennies de pouvoir, il a été le dernier mot sur les orientations majeures du pays avant sa mort à 86 ans.

Le chef de l'armée, Amir Hatami, a promis à Mojtaba Khamenei de ne jamais "lâcher ceux qui ont tué" son père, une assurance qui résonne au cœur des tensions persistantes avec les États-Unis et Israël. Des chefs de groupes pro-iraniens, comme Mohammed Darwish du Hamas, ont également assisté aux obsèques.

L'unité affichée lors de ces funérailles pourrait cependant être testée face aux réalités politiques et économiques actuelles du pays, surtout six mois après les manifestations massives sur le coût de la vie et les violences qui ont suivi.

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