Pour la troisième fois en six semaines, la France se retrouve sous une poussée de chaleur, avec les trois quarts du territoire en vigilance canicule ce mardi, après un précédent épisode de chaleur record.
Ce pic de température s'accompagne d'un "danger d'incendie persistant", indique Météo-France. Des centaines de pompiers continuent de lutter contre un incendie stabilisé mais pas encore maîtrisé, comme l’a précisé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a conduit à l'évacuation de 10 000 personnes dans les Pyrénées-Orientales.
Durant les heures les plus chaudes, des températures allant jusqu'à 40,8°C ont été mesurées à Moules-et-Baucels (Hérault) et 40,7°C à Pissos (Landes), tandis que Bordeaux et Nantes ont enregistré respectivement 38,8°C et 38°C.
La chaleur devrait s'intensifier et progresser vers le nord et l'est, avertit Météo-France, qui a élargi la vigilance orange à 61 départements, s'étendant du Finistère à la Savoie, y compris Paris, tandis que dix autres sont placés en vigilance jaune.
La récente vague de chaleur a déjà causé des désagréments à des millions de Français, faisant de fin juin le mois le plus chaud observé dans l'histoire récente de l'Hexagone, avec des événements similaires survenus également en mai.
Depuis 1947, la France a connu environ cinquante vagues de chaleur, dont la moitié a eu lieu depuis 2010, mettant en évidence l'augmentation de la fréquence de ces phénomènes.
À Mont-de-Marsan, Monique, 82 ans, témoigne des effets de la chaleur : "Mon jardin dépérit, mes arbres crament". Elle considère ce phénomène comme de plus en plus fréquent et déclare, avec un soupçon d’humour : "On est en Andalousie, pas dans les Landes".
Un sans-abri de 33 ans à Bordeaux exprime son détresse : "C'est horrible !". Cherchant refuge, il espère trouver une auberge de jeunesse climatisée.
Les infrastructures ne sont pas épargnées : dans une supérette de Bordeaux, une porte automatique a disjoncté après une forte chaleur, et l'équipement de réfrigération est en panne depuis une semaine, selon la gérante, qui attend des réparations en raison de la surcharge de travail des techniciens.
Thibault Corouge, prévisionniste, avertit que cet épisode pourrait être "intense et durable", avec des modèles de prévisions montrant des divergences.
Face à ces vagues de chaleur répétées, les députés écologistes ont présenté une motion de censure contre le gouvernement de Lecornu, qu'ils accusent d'avoir aggravé la vulnérabilité du pays face au changement climatique, une motion qui a été largement rejetée.
Des critiques avaient émergé pour dénoncer la lenteur des investissements nécessaires dans les infrastructures publiques pour faire face à ces défis. Le gouvernement a mis en avant le Fonds vert de 2023, destiné à financer des projets locaux, tout en soulignant une réduction progressive de ses dotations.
Dans une tribune publiée dans Le Monde, des scientifiques français et des économistes ont appelé à l'adoption d'une "loi d'urgence climatique", mentionnant l'impact de l'industrie fossile sur l'accélération des vagues de chaleur.
Les climatologues confirment que les vagues de chaleur sont un indicateur clair du changement climatique, principalement dû à la combustion d'énergies fossiles.
Les conséquences sur la santé sont particulièrement préoccupantes. Nicolas Revel de l'AP-HP souligne la nécessité de rester vigilants, alors que durant la semaine caniculaire de fin juin, la mortalité a grimpé de 30 %, touchant principalement les personnes âgées isolées, comme le signale Santé publique France.
La sécheresse affecte également l'agriculture, comme l'a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. Il fait état de rendements désastreux en Occitanie et d'une crise sans précédent dans certains élevages.
Les cultures sont exposées à un risque accru d'incendie, jugé "très élevé" ce mardi dans plusieurs départements, notamment les Deux-Sèvres, le Vaucluse et l'Essonne.







