Jeunes États-Unis ! Deux siècles et demi d'existence, un battement de cil pour nous, européens, ancrés dans des millénaires d'histoire. Le 4 juillet 1776, treize colonies américaines déclaraient leur indépendance face à la Grande-Bretagne, posant ainsi les bases d'une nation qui se targue de déclarer que "tous les hommes sont créés égaux". Pourtant, cette égalité n'était pas accessible à tous à l'époque.
Jeunes États-Unis ! Deux siècles et demi d'existence, un battement de cil pour nous, européens, ancrés dans des millénaires d'histoire. Le 4 juillet 1776, treize colonies américaines déclaraient leur indépendance face à la Grande-Bretagne, posant ainsi les bases d'une nation qui se targue de déclarer que "tous les hommes sont créés égaux". Pourtant, cette égalité n'était pas accessible à tous à l'époque.
La Constitution américaine, adoptée onze ans plus tard, établit les fondations d'une démocratie libérale prudente à l'égard de l'humain, ayant pour principe que "le pouvoir doit limiter le pouvoir", comme l’exprime Montesquieu. Pourtant, Donald Trump semble ignorer ces principes, piétinant les valeurs de limitation, de vertu et d'équilibre depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Il cherche à affaiblir les deux contrepoids essentiels à l'autorité présidentielle : le Congrès et la Cour Suprême, tous deux en proie à de graves défaillances. Étonnamment, le vote populaire n’importe que dans la victoire ; lorsque Trump perd, il remet en cause le résultat.
Donald Trump a voulu mettre en scène sa puissance, alors que les signes de fragilité se multiplient.
Sa méfiance envers les contre-pouvoirs s'est matérialisée par la création d'une commission à sa convenance pour organiser les célébrations du 250e anniversaire, alors qu'une équipe bipartisane était initialement prévue. Ainsi, ces festivités ont été transformées en un rassemblement MAGA (Make America Great Again).
La polarisation demeure son moteur. Lors de ses discours ces dernières jours, tout en célébrant la grandeur américaine, il a dénoncé le "communisme" de ses opposants et mis en avant ses actions en Iran. Habituellement, les chefs d'État s'efforcent d'unir leur peuple en de telles occasions, mais Trump semble mépriser cette tradition, probablement parce qu'il renie les fondements de la démocratie. Ses références admiratives à des autocrates donnent lieu à des analyses évoquant un "néoroyalisme" dans sa gouvernance, comme l'indiquent des chercheurs américains.
Habile communicateur, Donald Trump a utilisé cet anniversaire comme une scène pour afficher sa gloire et sa puissance. Pourtant, l'impopularité croissante dans les sondages, des élections de mi-mandat défavorables, des échecs géopolitiques, un discrédit sur la scène internationale et une inflation galopante affaiblissent son image. Avec un clin d'œil à l'époque de François Mitterrand, où le slogan "force tranquille" faisait loi, la mise en scène de Trump en ce jour était davantage celle d'une farce troublée que d'une célébration sereine.







