Emmanuel Abayisenga, suspecté d'avoir causé la mort du prêtre Olivier Maire en août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre, a choisi le silence lors de la première journée de son procès, qui se tient devant la cour d'assises de Vendée. L'accusé risque une réclusion criminelle à perpétuité.
La cour, installée à La Roche-sur-Yon, a commencé à examiner l’affaire ce lundi. Olivier Maire, père supérieur de la congrégation des missionnaires montfortains, avait ouvert son foyer à Abayisenga pendant qu’il attendait son procès pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, incident survenu un an plus tôt, pour lequel il a été condamné à quatre ans de prison en 2023.
Dans une scène frappante, Emmanuel Abayisenga, escorté par deux policiers, est entré dans la salle d'audience, mais a immédiatement déclaré par écrit : "Je demande mon droit au silence, je n'ai pas besoin d'interprète ni d'avocat". Malgré plusieurs invitations à s'exprimer de la part de la présidente de la cour, il est resté muet tout au long de la première journée.
Les débats se sont concentrés sur l’état de santé d'Abayisenga, dont le parcours médical est marqué par une multitude de consultations et d'interventions depuis son arrivée en France en 2013. Selon une médecin entendue par la cour, il a nécessité des soins psychiatriques, ORL, ainsi que pour des problèmes urinaires et auditifs.
La question demeure : où se situe la vérité dans son mal-être ? Pourquoi, avant de commettre l'irréparable, a-t-il exprimé un sentiment d'inconfort au sein de la communauté des anciens de Saint-Laurent ? C'est ce que l'on tente de comprendre à travers les témoignages, notamment celui de soeur Alphonsine Guillory, 91 ans, qui a rencontré Abayisenga à son arrivée. Elle raconte avoir entendu : "La musique du grand orgue l'agressait, d'où l'incendie". Il est également vrai que "il a connu son lot de souffrances au Rwanda", rappelle-t-elle, faisant écho au cursus difficile de l'accusé.
Pourtant, la présidente de la cour, en abordant les différents récits autour d'Abayisenga, a rappelé que les histoires ne sont pas toujours concordantes, ce qui soulève le débat sur l'authenticité de son état psychologique.
Les jurés auront jusqu'à jeudi pour se forger une opinion, alors que de nombreux témoins, enquêteurs et experts psychiatres défileront à la barre. L'issue de ce procès pourrait éclairer non seulement l'affaire de ce meurtre tragique, mais aussi les difficultés d'intégration et de prise en charge des immigrés en détresse, comme le souligne France 3.







