Depuis la vague du mouvement MeToo, la voix des victimes de violences sexuelles s'est libérée, mais tous les témoignages ne peuvent pas mener à des poursuites judiciaires en raison des délais de prescription. Cela soulève la question : quels sont les enjeux pour le chanteur et comédien Patrick Bruel, actuellement confronté à plusieurs accusations d'agressions sexuelles.
Trois femmes, à la fois en France et en Belgique, ont porté plainte contre Bruel pour des agressions présumées intervenues entre 1997 et 2012. Face à des plaintes dont certaines pourraient être considérées comme prescrites, les investigations sont complexes. D'après des sources judiciaires, au moins une des affaires en France pourrait être hors délai, le délai de prescription étant de vingt ans.
Récemment, le 12 mars, le parquet de Paris a ouvert une enquête suite à une plainte pour agression sexuelle déposée par la directrice générale d’Unifrance, Daniela Elstner, qui affirme avoir été victime de tentatives de viol lors d'une rencontre au festival du Film français d’Acapulco. Les faits se seraient produits en 1997, alors qu’elle n’avait que 26 ans, ce qui compliquerait la situation légale en raison du délai de prescription.
Un besoin de libération
Cette démarche de plainte ne semble, selon l’avocate de Daniela Elstner, pas uniquement relever d’une volonté de condamnation, mais aussi d’un « besoin de libération » pour la plaignante et d'autres femmes. Me Jade Dousselin est optimiste concernant la rapidité de l’ouverture de l’enquête, visant à établir la vérité.
En parallèle, le parquet de Saint-Malo instruit également une autre plainte contre Bruel, déposée à l’automne 2024, où l'accusation porte sur des abus en 2012 durant le festival du Film britannique de Dinard. Cette dernière affaire sera jugée non prescrite jusqu'en 2032, ce qui pourrait laisser la porte ouverte à des développements légaux futurs.
Sérialité des faits
De surcroît, des accusations émanant de Karine Viseur, une attachée de presse belge, ont également surgi. Ces événements, relatés par RTL, ajoutent une dimension supplémentaire à la situation délicate du chanteur. En Belgique, le délai de prescription étant de dix ans, il se pourrait que ces allégations ne soient pas recevables en justice.
En revanche, la situation pourrait prendre un tournant. Des femmes ont récemment pris la parole dans Elle pour dénoncer des faits similaires. Si le caractère sériel des agressions est établi, cela pourrait potentiellement interrompre la prescription des accusations les plus anciennes, ouvrant un nouveau volet à cette affaire.







