Les avocats de la famille de Sarah Halimi viennent d'initier une démarche devant la cour d'appel de Paris, visant à redonner vie à l'instruction sur le meurtre de cette femme juive survenu en 2017. Cette nouvelle démarche judiciaire pourrait bien marquer un tournant dans l’enquête.
Selon un communiqué diffusé par Mes Olivier Pardo et Raphaële Bialkiewicz, des "éléments nouveaux" concernant Kobili Traoré, le principal suspect, ont été découverts. En 2017, Traoré avait frappé Sarah Halimi, âgée de 65 ans, dans son appartement du XIe arrondissement de Paris, avant de la précipiter du balcon au cri de "Allahou akbar".
Les avocats affirment que ces éléments, qui n’étaient pas disponibles lors de l’enquête initiale, remettent en question l’irresponsabilité pénale qui avait été prononcée à son encontre. Ils précisent que ce dossier pourrait revêtir une importance décisive pour faire évoluer la perception du droit dans cette affaire tragique.
Une souffrance insupportable
Parmi les nouveaux éléments figurent la consommation de crack par Traoré avant le passage à l'acte, les preuves de préméditation, et un enregistrement audio effectué par un voisin lors de la défenestration de Sarah Halimi. Cet enregistrement est censé démontrer un discours politique teinté d’antisémitisme. Les avocats soulignent que toutes ces données sont incompatibles avec une présomption d'irresponsabilité pénale.
Me Thomas Bidnic, défenseur de Kobili Traoré, n'a pas été disponible pour commenter immédiatement cette nouvelle avancée. En revanche, William Attal, le frère de Sarah Halimi, s'est exprimé avec force : "Nous ferons tout pour que cet assassin soit jugé". Il a insisté sur les souffrances que sa sœur a endurées, affirmant que ne pas pouvoir condamner un tueur prémeditant un acte aussi horrible serait un échec pour la justice française.
Arrestation récente, incertitudes persistantes
Le meurtre de Sarah Halimi est d'autant plus choquant qu'il est entaché de déclarations antisémites, alors que Traoré, consommateur régulier de cannabis, a été reconnu irresponsable pénalement depuis 2021. Actuellement hospitalisé en psychiatrie, il a été récemment interpellé pour des faits violents survenus en février 2026 dans le XVIe arrondissement de Paris.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la justice dans le pays, d'autant plus qu'il s'agit d'un crime de grande ampleur et d'une portée symbolique forte. Les enjeux étaient si cruciaux qu'ils ont été qualifiés par certains observateurs de "plus graves que l'affaire Dreyfus". David Chaval, expert en droit pénal, indique que cette requête pourrait non seulement redonner une voix à la famille Halimi, mais également influencer le débat public sur les crimes motivés par des préjugés raciaux et religieux.







