Laurène Gorlier et Émile Coddens, influenceurs du monde agricole, offrent un aperçu des défis et des joies de leur métier au cœur des campagnes du Berry et de l’Anjou.
Ces deux jeunes agriculteurs innovent en utilisant les réseaux sociaux pour démystifier leur profession. Laurène Gorlier, âgée de 34 ans et originaire du Cher, a quitté une carrière dans la coiffure après un burn-out pour rejoindre une exploitation de vaches laitières à Pruniers, une étape qu'elle décrit comme une quête de liberté. « J'ai débuté sans expérience, même si je viens de la campagne. Je remplace l'agriculteur quand il doit s'absenter. J'ai appris sur le terrain, mais il me reste beaucoup à découvrir », confie-t-elle.
Depuis six ans, elle réalise des « remplacements ponctuels », ce qui lui a permis de gagner en compétence et en assurance. Elle s'est également faite un nom sur les réseaux, accumulant plus de 18.000 abonnés sur Instagram et 33.000 sur TikTok en partageant son quotidien avec humour et authenticité.
« Au départ, je postais des vidéos drôles, mais aujourd'hui, je m'oriente vers une présentation plus professionnelle de la ferme. Mon objectif pour 2026 est de mettre davantage en avant notre travail », précise-t-elle, maman de deux petits garçons.

Émile Coddens dans les vignes du Maine-et-Loire.
© (Photo E. C.)
Du rêve à la réalité
Quant à Émile Coddens, ses vidéos explicatives sur la vinification, réalisées pendant le confinement, l'ont propulsé en tant que second de chai dans le domaine Plou & Fils à Chargé, près d’Amboise. Son compte TikTok, le.vigneron, possède aujourd'hui plus de 519.000 abonnés.
Son projet l’a poussé à publier un livre, Le Vin, ça se partage, à seulement 24 ans, où il fait part de son expérience et de sa passion. Actuellement, il se concentre sur la production biologique et aspire à créer son propre domaine viticole. « Je voulais découvrir d'autres méthodes de culture », explique le jeune homme de 28 ans.
J’ai donné envie à des jeunes de se lancer avec mes vidéos
Malgré son succès en ligne, Émile privilégie désormais la pratique à la présence médiatique. « Les réseaux sociaux ne représentent que 10 % de mon temps. Je me concentre sur ma carrière de vigneron dans le Val de Loire. Je ne souhaite pas me servir de ma notoriété pour avancer », souligne-t-il.
Un avenir incertain
Laurène observe aussi les enjeux de l’agriculture moderne avec une perspective différente : « Les critiques peuvent être dures. Les gens ne comprennent pas toujours nos décisions concernant les animaux », témoigne-t-elle, exprimant son inquiétude face aux challenges contemporains du secteur.
Émile partage ce sentiment : « Les conditions deviennent de plus en plus difficiles. Entre les aléas climatiques et les enjeux commerciaux, cela me préoccupe. »
La MSA rapporte que 13.621 installations de chefs d'exploitation ont été recensées en 2023, marquant une diminution de 3,6 % par rapport à l'année précédente, un indicateur préoccupant pour l'avenir du secteur.
Lire aussi







