Fabien Pommier, éleveur bovin en Bretagne, affirme que le métier de paysan est séduisant et plein de potentialités. À 43 ans, il tire parti de son travail à la ferme Kerdudal, qui lui permet de savourer six semaines de congés tout en réalisant un revenu convenable. Sa ferme est conçue pour répondre aux besoins des structures de restauration collective.
Située près de Riec-sur-Bélon, dans le Finistère, cette exploitation présente un grand hangar en bois, abritant une étable pour 25 vaches laitières ainsi qu'un atelier de transformation du lait en yaourts et un moulin pour transformer le blé. "Nous maîtrisons toute la chaîne de production, de la culture au produit fini", explique Fabien, formé en agronomie.
Avec ses partenaires Romain Thomas et Jean-Marie Guern, ils ont soigneusement élaboré leur activité pour vivre de leur métier de manière équilibrée tout en ayant du temps libre. Ils réussissent ainsi à valoriser leur lait à 3 euros le litre grâce à la transformation, contre seulement 50 centimes avant ce processus.
En se rapprochant des cantines scolaires et des maisons de retraite, leurs efforts ont abouti à un débouché nécessaire pour leur production de 35 tonnes de yaourts et 750 kg de pain par an, assurant la pérennité de leur modèle. Dix ans après le lancement de leur activité, ils écoulent la majorité de leurs produits via une vingtaine d'établissements de restauration collective et le reste à la ferme ou à travers des réseaux de distribution comme Biocoop et Amap.
"Vivre, dégager du temps pour nous", déclarent en chœur les producteurs. Grâce à leur modèle efficace, ils parviennent à obtenir un revenu mensuel supérieur à 2.000 euros tout en respectant un temps de travail de 45 heures par semaine, avec même la possibilité d'augmenter leurs vacances.
"Nous voulons éviter d'être submergés par la pression de la transformation", précise Romain, expliquant que les périodes de production sont adaptées en fonction du calendrier scolaire, facilitant ainsi la gestion de la ferme.
La réussite de leur exploitation a même entraîné l'embauche de deux salariés, et leur approche basée sur les circuits courts les rend plus résilients face aux aléas économiques globaux, comme les conséquences du conflit en Ukraine ou des accords de libre-échange avec le Mercosur.
Bastien Moysan, secrétaire national de la Confédération paysanne, souligne la pertinence de ce modèle collectif et novateur, particulièrement attractif pour les jeunes, et a profité de cette ferme pour mettre en avant les initiatives locales de soutien à l'agriculture paysanne, notamment au travers de leur "salon à la ferme".
"La restauration collective représente un levier essentiel pour créer de la valeur ajoutée dans le domaine agricole", affirme M. Moysan. Il appelle les élus à soutenir des initiatives telles que celle de Kerdudal, qui incarne l'avenir de l'agriculture en France.







