Charlotte, une jeune résidente de Vitré, a récemment obtenu son permis de conduire, symbole de liberté pour elle. À l'aide de 500 euros de son Compte Personnel de Formation (CPF), elle a pu suivre des leçons de conduite, mais cette opportunité pourrait bientôt disparaître. En effet, la récente modification législative du mois de décembre a retiré aux nombreux Français, à l'exception des demandeurs d'emploi, la possibilité de financer leur permis via le CPF. Cette décision, prise sans véritable débat au Sénat, soulève des inquiétudes quant à l'accès à la mobilité, en particulier pour ceux vivant dans des zones rurales.
Dans une interview accordée à Public Sénat, Monique Lubin, la sénatrice à l'origine de l'amendement, a admet qu'il n'était pas destiné à réaliser des économies. Au contraire, il vise à soutenir les centres de formation axés sur les bilans de compétences, souvent au détriment de ceux qui dépendent du CPF pour financer leur permis, dont le coût moyen dépasse 2.000 euros.
Ce changement a suscité la colère des élèves, comme Glandy, 33 ans, qui a déclaré : "Sans le CPF, je n'aurais jamais pu passer mon permis. C'est une aide précieuse." Un sentiment partagé par d'autres, tels que Salomé, qui a vide son CPF pour financer ses leçons. Elle a exprimé son indignation : "Cet argent est pour nous. On y contribue, n'est-ce pas ?" De nombreux auto-écoles partagent cet avis et alertent sur les dangers que cette mesure pourrait engendrer.
Nicolas Boisseau, propriétaire de l'auto-école Erasmus à Rennes, observe que la majorité de ses élèves utilisant le CPF sont en situation précaire, et se demande : "Pourquoi pénaliser ceux qui cotisent ? Obtenir un permis est essentiel pour trouver un emploi, ce n'est pas un luxe." Sa partenaire, Isabelle, renchérit : "Les personnes à faibles revenus galèrent déjà pour financer leur permis. En leur retirant cette aide, que vont-elles faire ?" Dans des villes comme Vitré, connue pour son faible taux de chômage, l'enjeu est crucial.
La communauté des auto-écoles a récemment uni ses voix, lançant un message fort : "Le permis de conduire est un droit essentiel pour ceux qui travaillent." Ils craignent qu'une mesure visant à réduire les dépenses d'État ne se transforme en un frein pour une partie importante de la population.
Alors que la décision du gouvernement est sur toutes les lèvres, reste à voir comment cette situation se dénouera, mais il est clair que la lutte pour le permis, c'est aussi celle de l'accès à une mobilité juste et équitable.







