Une cinquantaine de membres de l’association Pep Lor'Est ont organisé une manifestation ce vendredi devant l'Agence régionale de Santé (ARS) à Metz, en Moselle. Ils réclament davantage de clarté après l'annonce du redressement judiciaire de leur structure, préoccupés non seulement pour leur avenir professionnel, mais aussi pour les enfants qu'ils soutiennent.
“Nous voulons plus de transparence sur l'argent public”, tel est le cri de ralliement des travailleurs du secteur médico-social, rassemblés à l'appel du syndicat CGT. Placée sous redressement judiciaire depuis janvier, l'association gérant des établissements périscolaires dans la région laisse ses employés dans une situation d'incertitude alarmante. Ils interpellent l’ARS, principal financeur public, pour qu’elle renforce son contrôle sur la gestion des fonds.
Une mobilisation dans la bonne humeur, malgré l'angoisse
Les employés, brandissant des pancartes réclamant “moins d'opacité”, ont chanté “on lâche rien” dans une ambiance apparemment joviale, mais derrière les sourires se cache une profonde inquiétude. La situation économique de Pep Lor'Est est instable et provoque un stress considérable parmi les équipes. Dans ces circonstances difficiles, de nombreux manifestants choisissent de rester anonymes.
“On ne réfléchit plus, on est en 'mode survie',” s'alarme une psychomotricienne, soulignant l’impact de cette situation sur leur capacité à se projeter et à élaborer des projets pour les enfants. Ces professionnels se retrouvent souvent confrontés à des priorités immédiates, des besoins élémentaires, au détriment de leur mission d'accompagnement.
Des retards de salaire qui aggravent la situation
En janvier, les salariés ont subi des retards de paiement allant jusqu'à quinze jours, aggravant ainsi la pression ressentie par les équipes. “Tous les prélèvements bancaires arrivent entre le 27 et le 8 du mois, nos charges ne vont pas attendre,” explique une employée épuisée par cette incertitude. Ce retard dans les paiements a nourri les craintes quant à leur capacité à faire face aux dépenses quotidiennes.
“Qu'est-ce qui garantit que nous allons bien continuer à être payés?”, murmure une manifestante, préoccupée par l'avenir.
L'inquiétude pour les emplois et pour les enfants
Les soignants redoutent que leurs postes soient fragilisés, ce qui pourrait compromettre la continuité des soins. Ils se heurtent à une difficulté majeure : comment expliquer aux enfants et aux familles le destin incertain de l'association? “D'ici quelques mois, serons-nous encore là pour leur proposer des soins?” s'inquiète une psychomotricienne, consciente des attentes des enfants qui ont souvent attendu des années pour bénéficier de ces services.
Ils sont également angoissés par l'impact de cette instabilité sur les familles qui dépendent de leurs services pluridisciplinaires, essentiels pour le bien-être des enfants. En raison de la situation actuelle, les salariés signalent un manque d'informations sur les finances de l'association et sur les perspectives futures. Ils ont donc demandé à l'ARS une transparence accrue sur l’utilisation des fonds publics et un contrôle plus strict de l’association.
Après des discussions, l’ARS a affirmé qu'elle réaliserait effectivement un contrôle. Toutefois, la véritable préoccupation des salariés demeure : ils souhaitent avant tout des réponses claires, alors que l’attente et l'incertitude s'avèrent de plus en plus pesantes à supporter.







