Gail Slater, la responsable des questions de concurrence au ministère de la Justice américain, a annoncé sa démission jeudi sur le réseau social X. Ce départ est survenu dans un contexte de tensions croissantes avec le président Donald Trump et ses conseillers directe, qui lui sont reprochés de pratiquer un favoritisme et de s'immiscer dans des affaires sensibles.
Des informations rapportées par NBC indiquent que l'administration Trump envisageait de remplacer Slater, mécontente de sa gestion des dossiers en cours. Selon des experts, ce changement pourrait affecter la régulation des grandes entreprises dans le pays.
"C'est avec beaucoup de tristesse et un espoir indéfectible que je quitte ma fonction", a partagé l'avocate âgée de 54 ans sur X.
Contacté par l'AFP, le ministère de la Justice n'a pas encore commenté cette démission. Dans le cadre des fusions et acquisitions, le DOJ n'est pas considéré comme un régulateur, mais sa division antitrust a la possibilité de bloquer, par voie judiciaire, toute action risquant de nuire à la concurrence.
Roger Alford, un ancien cadre de l'équipe de Slater, a été écarté fin juillet et avait auparavant dénoncé le fonctionnement de l'administration Trump, l'accusant d'être influencée par des intérêts privés. Dans un récent entretien, il avait parlé d'une "bataille" au sein du ministère susceptible de compromettre son intégrité.
Le scandale de la volte-face
Un des dossiers controversés soumis à critiques est l'accord concernant Juniper Networks et HPE. Après avoir contesté la fusion en justice au début de 2025, le ministère de la Justice a finalement opté pour un règlement à l'amiable, ce qui a suscité l'inquiétude de nombreux analystes sur la politique concurrentielle de l'administration.
"La politique du gouvernement Trump en matière de concurrence a l'apparence d'un système à vendre, orchestré par des lobbies", a déclaré Matt Stoller, du projet American Economic Liberties.
Stoller a également mentionné le dossier de Live Nation, accusée de pratiques anticoncurrentielles, dont le procès doit débuter le 2 mars. Suite à l’annonce du départ de Slater, les actions de Live Nation ont vu une augmentation remarquée de 3%, signalant ainsi une prévision optimiste face à un possible règlement.
Ce contexte met en lumière des préoccupations croissantes quant à l'indépendance des régulations en matière de concurrence, alors que l'influence des lobbies semble s'intensifier, soulevant ainsi des doutes quant à l'avenir de la politique antitrust aux États-Unis.







