Un vent d'incertitude souffle sur l'industrie française. D'après une étude réalisée par l'Usine Nouvelle, 85 % des 82 entreprises sondées anticipent des opérations de recrutement similaires ou inférieures à l'année précédente. Cet article vous présente les groupes qui se distinguent par leur volonté d'embaucher significativement en 2026.
« L'incertitude est le mot qui résume la situation actuelle », affirme Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de l'Usine Nouvelle. Selon ses propos, peu d'entreprises semblent avoir une vision claire de l'avenir. Le baromètre annuel publié par le même magazine révèle que, parmi les entreprises interrogées, un total de 129 600 postes seront à pourvoir, dont 74 000 uniquement pour les dix premières places du classement.
Diminution des recrutements de 15 %
Cette année, une baisse de 15 % des recrutements est attendue par les entreprises sondées, après une chute de 20 % déjà observée en 2025. Très peu d'entreprises ont naturellement décidé d'augmenter leurs effectifs cette année. En réalité, 85 % d'entre elles n'envisagent pas d'élargir leur recherche de candidats. Parmi celles-ci, près de la moitié prévoit des recrutements stables, tandis que 35 % opteront pour une réduction des recrutements. Emmanuel Duteil signale un retournement significatif dans le secteur industriel français, alors qu'environ 100 000 emplois avaient été créés entre 2017 et 2023. Divers secteurs comme l'automobile, la métallurgie, et la chimie rencontrent actuellement des difficultés, comme l’illustre une carte récemment publiée, mettant en avant plus de 10 000 postes menacés.
Une jeunesse précarisée
Un autre aspect préoccupant est le sort réservé aux jeunes. Emmanuel Duteil a noté que 40 % des entreprises prévoient de recruter moins d'alternants en 2026 et 43,4 % envisagent de réduire les embauches de jeunes diplômés, ce qui est préoccupant dans un contexte économique morose.
Secteurs en forte demande en 2026
Malgré cette position difficile pour l'industrie, plusieurs secteurs continuent à embaucher. Parmi eux, les transports (SNCF, Transdev et RATP), le luxe avec des leaders comme LVMH, et la défense (Safran, Thales) se démarquent. Le conseil aux entreprises, bien que légèrement en baisse, maintient également son niveau de recrutement (Sopra Steria, Alten).
Secteurs d'avenir
Anne-Sophie Alsif, économiste au cabinet de conseil BDO, souligne que plusieurs domaines sont promis à un avenir radieux, notamment l’énergie, le recyclage, et l’aéronautique. « Le secteur de la santé devient incontournable face au vieillissement de la population », indique-t-elle, ajoutant que « l’Intelligence Artificielle va transformer le marché de l'emploi, créant des postes qui n'existent pas encore aujourd'hui ». L’expert souligne que la France, avec ses écoles d’ingénieurs, est bien positionnée pour se démarquer dans la tech.
Cette période de métamorphose, bien qu'elle s'accompagne de défis, ouvrira des possibilités insoupçonnées pour les travailleurs et les futurs diplômés.







