Ce mercredi à Los Angeles, Adam Mosseri va défendre la position des géants du numérique face à un jury qui pourrait révolutionner notre compréhension de l'addiction liée à l'utilisation des réseaux sociaux. Qualifié de "machine à sous" de dopamine, Instagram est ici sur la sellette, et Mosseri est le premier dirigeant de la Silicon Valley à répondre à ces accusations sérieuses.
Ce procès, dont l'issue pourrait servir de référence pour de nombreuses autres actions en justice, est centré sur une plainte de Kaley G.M., une Californienne de 20 ans. Inédite, cette affaire vise à déterminer si les réseaux sociaux engendrent réellement une dépendance, remettant en cause les pratiques d'entreprises comme Meta, ainsi que celles de YouTube, selon NBC News.
Les algorithmes au coeur du procès
Le point de débat ne repose pas seulement sur le contenu mis en ligne, mais surtout sur les algorithmes qui encouragent une consommation compulsive. En effet, les mécanismes divergents de personnalisation de contenu sont accusés d’inciter les utilisateurs à passer davantage de temps sur ces plateformes. Ce même procès pourrait aussi concerner d'autres géants tels que TikTok, qui a d'ores et déjà conclu un accord confidentiel pour éviter un tel affrontement judiciaire.
La santé mentale des jeunes est ici au cœur des préoccupations, alimentées par les témoignages experts. La psychiatre de renom, Anna Lembke, a été convoquée par l'accusation, soulignant les effets néfastes de ces technologies. "À chaque fois que j'utilise le terme drogue, je l'utilise dans un sens large qui inclut l'usage des réseaux sociaux", a-t-elle déclaré, illustrant ses propos avec des explications sur le développement neurologique des adolescents.
"Le cortex préfrontal de notre cerveau fonctionne comme des freins, indiquant quand il est temps d'arrêter", a ajouté Lembke.
Ce procès pourrait également ouvrir la voie à d'autres actions en justice similaires. D'autres attestations sont prévues dans les semaines à venir, ce qui pourrait forcer les plateformes à revoir leurs algorithmes et leurs pratiques commerciales.
Une drogue semblable à l'alcool et aux stupéfiants ?
La docteure Lembke n'hésite pas à évoquer le terme de "drogue d'entrée" pour désigner les réseaux sociaux, prévenant que leur usage précoce pourrait éventuellement déconstruire la capacité de régulation des jeunes, les rendant plus vulnérables aux autres formes de dépendance, comme l'alcool ou le tabac.
Du côté de Youtube, un avocat suscite la controverse en affirmant que cette plateforme ne se considère même pas comme un réseau social, mais plutôt comme un service d'information, précisant que leur objectif principal est de fournir un environnement propice à une consommation équilibrée.
"Nous ne tentons pas d'injecter de l'addiction dans l'esprit des utilisateurs", a-t-il insisté.
D'autres procès en vue pour les réseaux sociaux
La décision finale de ce procès pourrait également se traduire par l'émergence de nouvelles actions judiciaires à travers le pays, considérant que d'autres cas similaires sont déjà en cours d’initiation. Dans un contexte où la santé mentale des jeunes est mise à mal, les réseaux sociaux se retrouvent sous un feu nourri, appelés à démontrer leur responsabilité dans cette problématique.
En Californie, des procès parallèles sur la protection des mineurs sont également à suivre de près, constituant ainsi un tournant décisif pour l’avenir des réseaux sociaux et de la réglementation qui les encadre.







