Dans une vidéo devenue virale sur X, le professeur Morel s'effondre en larmes devant ses élèves, qui le filment en se moquant de lui plutôt que de lui offrir du soutien. "Regarde sa tête, il pleure!" s'exclament des élèves à l'arrière-plan, tandis que cette séquence ne dure que quelques secondes mais a déjà recueilli plus de 3 millions de vues.
Selon Le Parisien, ce cas n'est pas unique. Ces vidéos montrant des enseignants français en larmes accumulent des millions de vues sur X, TikTok ou Facebook, mais aucune de ces scènes n'est réelle. Elles sont totalement générées par IA.
Pour preuve, les mouvements erratiques de M. Morel dans la vidéo, ses mains qui passent à travers les objets, et des lunettes qui semblent soudainement flottantes. Ces incohérences visuelles suggèrent clairement un montage artificiel.
Le partage de cette vidéo survient peu après un incident tragique, où une professeure a été agressée à Sanary-sur-Mer. Les vidéos générées, souvent accompagnées de profils d'élèves d'origine maghrébine, ne font qu'attiser les tensions et la haine, comme le souligne une source citée dans notre article.
Des contenus qui alimentent la xénophobie
Sur les réseaux, les utilisateurs se servent de ces vidéos pour diffuser des discours xénophobes, déclarant que "les enfants étrangers" filment les souffrances des enseignants, dépeignant une image déformée de l'éducation en France. Les commentaires sur ces vidéos sont souvent teintés d'indignation face à une prétendue défaillance du système éducatif, présentant les élèves de manière biaisée.
Les vidéos, relayées par des comptes militants, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne, passent sous silence leur origine artificielle, tout en nourrissant des récits politiques basés sur la peur et la haine.
Certaines sources comme TF1 Info soulignent qu'une large part des internautes est trompée par ces deepfakes. Les contenus qui évoquent une crise éducative trouvent un public réceptif, renforçant des préjugés existants.
Business de l'attention
Ce phénomène ne se limite pas à des vidéos isolées. Les comptes à l'origine de ces contenus exploitent notre humanité, suscitant des réactions émotionnelles pour les faire devenir virales. Chaque commentaire, chaque partage alimente un modèle économique basé sur la publicité et les revenus des plateformes sociales.
Le compte à l'origine de la vidéo de M. Morel, baptisé "frenchi.a", compte plus de 86.000 abonnés et propose des dizaines de vidéos similaires, toutes générées par IA, souvent dans des contextes trompeurs. La mention de leur nature artificielle est généralement cachée, contribuant à la désinformation.
Malgré que certains internautes puissent identifier ces manipulations, la majorité demeure aveugle aux subtilités des deepfakes, notamment lorsqu’ils confirment des stéréotypes déjà ancrés dans la société.







