Agnès Linglart, présidente de la Société française des pédiatres, met en lumière les dangers liés à la contamination récente des laits infantiles. Ses conseils visent à rassurer les parents face à une situation légitimement préoccupante.
C’est quoi cette toxine ?
La céréulide, une toxine générée par le bacillus cereus, est au cœur de l'inquiétude. Comme le souligne Linglart dans une interview à Midi Libre, "Certains peuvent porter cette bactérie sans montrer de symptômes. Sous certaines conditions, elle produit la céréulide, responsable des troubles et non la bactérie elle-même". Ce qui est alarmant, c'est la résistance exceptionnelle de cette toxine à la chaleur. Pour l'éliminer, les aliments doivent être chauffés à 126 degrés pendant 90 minutes, un traitement bien au-delà des capacités habituelles des chauffe-biberons.
Quels sont les symptômes ?
Une fois ingérée, la céréulide se manifeste par des symptômes de toxi-infection alimentaire. "Elle affecte le système digestif et entraîne des vomissements et des diarrhées en stimulant la production de cholecystokinine", précise la pédiatre. L’augmentation des risques de déshydratation chez les nourrissons est particulièrement préoccupante. Cependant, l'intoxication est généralement de courte durée. Les symptômes apparaissent entre trois et six heures après ingestion, mais se résolvent généralement dans les 24 heures.
Quelle est la conduite à tenir ?
Si vous suspectez que votre enfant a ingéré un lait contaminé, la règle d'or est la vigilance et l'hydratation. Il est conseillé de continuer à nourrir et hydrater l'enfant. "Il est important de donner une solution de réhydratation pour maintenir une bonne hydratation en attendant que la toxine soit éliminée", explique Agnès Linglart. Si les symptômes persistent ou si la fièvre devient préoccupante, il est impératif de consulter un pédiatre ou de se rendre aux urgences, surtout pour les plus jeunes qui sont plus vulnérables.







