La situation est préoccupante. Actuellement, la dette publique française a atteint 3 482,2 milliards d'euros, enregistrant une hausse de près de 66 milliards d'euros entre les deuxième et troisième trimestres de 2025, d'après les dernières données de l'Insee. Ce chiffre représente un record absolu.
Au-delà de la seule augmentation, c'est la trajectoire de l'endettement, jugée alarmante, qui interpelle. Comme le souligne l'économiste Sylvain Bersinger dans une analyse partagée avec BFM Business, "La France est devenue un élève en difficulté par rapport à ses voisins en matière de finances publiques." Il s'inquiète particulièrement de ce déclassement et de la durabilité de cette tendance.
Selon le Fonds Monétaire International (FMI), le ratio de la dette publique par rapport au PIB devrait atteindre 116,5% en 2025, contre seulement 59,7% il y a vingt-cinq ans. À titre de comparaison, le niveau moyen de la zone euro se situe désormais à 87,8%.
Des taux parmi les plus élevés de la zone euro
Les taux d'intérêt auxquels l'État emprunte sont également révélateurs. Alors que la France avait l'un des taux les plus compétitifs de l'eurozone il y a encore quelques années, elle fait face à une augmentation massive de ses coûts d'emprunt. "Un État peut généralement continuer à fonctionner tant qu'il trouve des prêteurs prêts à accepter des taux faibles," explique Bersinger. Si cette tendance s'inverse, les conséquences pour les finances publiques pourraient être désastreuses.
La dégradation des performances financières françaises est d'autant plus inquiétante qu'elle coïncide avec une crise politique. Suite à la dissolution de 2024, la confiance des investisseurs a été mise à mal, poussant la France à adopter une logique de dépenses sans cesse croissante, en dépit des mises en garde face à une érosion progressive de la confiance.
Hausse des dépenses ou baisse des recettes : où se situe le problème ?
Le constat est amer : la France n'a pas été capable de voter un budget équilibré depuis 1974. Les projections pour 2026 laissent présager un déficit public de 5% du PIB. D'après les experts, il faudra alors recourir à un emprunt de 310 milliards d'euros pour combler cet équilibre budgétaire.
Les opinions divergent au sujet des solutions à envisager. Certains plaidant pour une augmentation des recettes fiscales, d'autres insistant sur la nécessité de réduire les dépenses publiques, qui continuent d'augmenter. Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d'investissement, alerte sur la problématique sociale : "L'État-providence avance plus vite que l'économie, et les dépenses sociales constituent plus de la moitié des budgets publics," souligne-t-il.
Les créanciers perdent confiance
Face à cette situation, les créanciers manifestent leur scepticisme. Comme le remarque Sylvain Bersinger, la France doit aujourd'hui faire face à une prime de risque plus élevée à cause de sa gestion des finances publiques. "Les créanciers ne nous considèrent plus comme des acteurs sérieux," avertit-il, en prédisant que cette situation ne pourra pas perdurer. Avec des ajustements budgétaires estimés à 112 milliards d'euros à réaliser pour stabiliser la dette, l'avenir financier de la France reste incertain.







