Durcissement fiscal, nouvelles règles, projets de réforme… Autrefois prisée pour sa rentabilité, la location meublée voit son attrait diminuer face à la location vide. Laurent Lamielle, juriste chez PAP, souligne : «Il y a vingt ans, la location meublée était clairement plus avantageuse, tant sur le plan fiscal que locatif.» Les baux de courte durée et une fiscalité attirante faisaient de la location meublée le choix par excellence pour les investisseurs. Cependant, avec le temps, cet écart s'est rétréci. «Les règles régissant le meublé s'alignent de plus en plus sur celles du vide, notamment concernant la protection des locataires. La fiscalité du meublé a également été durcie, contrairement à celle du vide», précise le spécialiste.
Coût du mobilier et turn-over : les contraintes du meublé
Dans la pratique, même si la location meublée conserve un certain charme, elle s'avère plus exigeante. Elle nécessite un investissement initial substantiel en mobilier, dont l'entretien et le remplacement pèsent lourdement sur le budget. Les baux meublés entraînent également une rotation plus fréquente des locataires, ce qui se traduit par une gestion plus active. «Le meublé convient aux bailleurs disposés à gérer un turn-over plus important pour espérer une meilleure rentabilité», résume Lamielle. À l'opposé, la location vide, avec ses contrats de trois ans, offre plus de stabilité et réduit les périodes de vacance locative.
Une fiscalité toujours favorable… mais de moins en moins
Sur le plan fiscal, le meublé conserve encore certains atouts, surtout sous le régime réel, qui permet d'amortir à la fois le bien et le mobilier, réduisant ainsi la charge fiscale sur les loyers, surtout dans les premières années. Mais cette faveur semble s'éroder. Des restrictions sur les meublés de tourisme, accentuées par la loi anti-Airbnb, la réintégration des amortissements dans la plus-value, la hausse de la CSG sur les revenus locatifs meublés, ainsi que des discussions concernant un éventuel encadrement des amortissements, créent des inquiétudes parmi les investisseurs. Comme l'indique Le Figaro, ces changements pourraient précipiter les bailleurs à reconsidérer leurs choix d'investissement.







