Alors que la crise du logement demeure une préoccupation majeure en France, les députés de la Commission des Finances ont voté récemment un amendement qui pourrait redynamiser le marché immobilier locatif privé. Pour relancer les investissements, le taux d'amortissement pour les nouveaux bailleurs pourrait être sensiblement augmenté, passant à 5% pour les logements neufs et à 4% pour les logements anciens, à condition qu'ils soient rénovés.
Cette initiative, mise en avant par les députés du centre-droit, vise à attirer davantage d'investisseurs privés sur un marché en crise, où le nombre de logements accessibles diminue chaque année. Les promoteurs immobiliers, représentés par des voix comme celles de Marc-Philippe Daubresse et Mickaël Cosson, ont exprimé que ces mesures pourraient ne pas suffire à inverser la tendance, cependant, elles représentent un pas dans la bonne direction.
Les débats autour de cette proposition sont enclins à diviser les opinions. D'un côté, certains élus soutiennent que ces bénéfices fiscaux ne feront qu'aggraver l'inégalité entre le logement privé et social. Emmanuel Maurel, député de la Gauche Républicaine, a fait remarquer que les aides fiscales à des bailleurs privés se sont multipliées ces dernières années tout en omettant de soutenir les bailleurs sociaux qui, eux, subissent des contraintes budgétaires croissantes.
Pendant ce temps, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a clairement indiqué que l'enjeu est de maintenir un équilibre budgétaire. Les coûts de cette réforme, initialement prévus à hauteur de 4,7 milliards d'euros, ont été réduits à 1,2 milliard d'euros pour le seul logement neuf d'ici à 2028. Ce chiffre a suscité des réflexions sur la viabilité à long terme de cette mesure.
Ce nouveau dispositif, qui devra encore passer par l'Assemblée nationale, pourrait être soumis à des amendements supplémentaires, renforçant ainsi son caractère évolutif dans un marché immobilier en attente de solutions structurelles. La question demeure : ces changements seront-ils suffisants pour répondre à la crise du logement ou représenteront-ils juste un pansement temporaire, comme de nombreux experts le craignent? (BFM TV)







